Gap -  Hautes-Alpes

 Rencontre avec Clara Arnaud

 

- Accueil

- Qui sommes-nous ?

- Livres nomades 2022_2023 :

    Presentation de l'action
    Choix des livres nomades
    Les lieux relais

- Livres nomades :
      (années précédentes)


   2021_2022
   2020_2021
   2019_2020
   2018_2019
   2017_2018
   2016_2017
   2015_2016
   2014_2015
   2013_2014
   2012_2013
   2011_2012
   2010_2011
   2009_2010
   2008_2009

- Autres livres autour du theme choisi :

    Les livres nomades passent à l'Est
    Le roman, écho de notre temps
    Petites maisons d'édition
    Terres d'Afrique
    Des histoires de grands espaces
    L'art dans le roman
    Chemins d'exil


- Rencontres littéraires :

     Céline Righi
     Andreï Kourkov
     Hadrien Klent
     Serge Joncour
     Sorj Chalandon
     Clara Arnaud
     M. de Kerangal et S. Prudhomme
     Luc Bronner
     Mohamed Mbougar Sarr
     Abdourahman Ali Waberi
     Catherine Gucher
     Guillaume Jan
     Jean Hegland
     Pierre Benghozi
     Jean-Baptiste Andrea
     David Vann
     Joseph Boyden
     Guy Boley
     Franck Pavloff
     Michel Moutot
     Nicolas Cavaillès
     Sandrine Collette
     Slobodan Despot
     Gauz
     Pierre Lieutaghi
     Kaoutar Harchi
     Sylvain Prudhomme
     Olivier Truc
     Maylis de Kerangal
     Antonio Altarriba et Kim
     Makenzy Orcel
     Metin Arditi
     Dinaw Mengestu
     Gilles Leroy
     Denis Grozdanovitch
     Alice Zeniter
     Serge Joncour
     Liliana Lazar
     Joel Egloff
     Christophe Bigot
     Boualem Sansal
     René Fregni
     Jean Pierre Petit
     Hubert Mingarelli
     André Bucher
     Beatrice Monroy
     Samuel Millogo
     Alfred Dogbé
     Ghislaine Drahy
     Autour d'Isabelle Eberhardt
     Hélène Melat, littérature russee

- Des coups de coeur :

   La Liste

- Lecture à haute voix :

    2022_2023
    2021_2022
    2020_2021

- Lectures partagées à Gap :

    2022_2023
    2021_2022
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016
    2014_2015

- Lectures partagées au Pays des Ecrins:

    2022_2023
    2021_2022
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017

- Pérégrinations littéraires :

    2022_2023
    2021_2022
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016

- Echappées livres :

    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016

- Sieste littéraire :

    2021_2022
    2020_2021
    2019_2020

- Emission-radio sur Fréquence Mistral

    2022_2023
    2021_2022
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019-

-Nos partenaires :

   La liste


- Contact

- Bulletin d'adhésion

 

 

 

Claudine Mathieu, de l'association Littera05, nous fait partager une belle rencontre.

Un partenariat entre l’association Littéra 05 et la bibliothèque de Savines Le lac a permis une très belle rencontre qui a eu lieu  ce mardi 25 janvier au Pôle Culturel du XXe avec la jeune auteure Clara Arnaud.
Son livre « A la verticale du fleuve » paru aux éditions Actes Sud fait partie de la sélection des Livres Nomades, proposée par l’association Littéra 05, dont le thème cette année est « Le roman, écho de notre monde ».
Ce roman y a trouvé tout naturellement sa place pour le portrait politique, social, environnemental de ce petit pays d’Amérique Centrale au moment de la construction d’un barrage.

Rencontrer Clara Arnaud à Savines-Le-Lac était donc une évidence.

Claudine mathieu, de l'association Littera05, interview Clara Arnaud

Ce roman est une grande fresque qui raconte à la fois des histoires de familles mais aussi celles de bâtisseurs. Elle témoigne de cette confrontation violente entre traditions et changements dans l’Amérique latine d’aujourd’hui.
A partir de faits réels qui servent de point de départ, l’assassinat de Berta Caceres, militante écologiste assassinée en 2016 , et le procès de ses assassins, Clara Arnaud raconte dans ce roman foisonnant, les trajectoires individuelles et collectives des différents protagonistes.

Dans la touffeur – non seulement climatique, mais aussi politique – de ces contrées, elle nous entraîne dans la formidable aventure technologique et humaine qu’est la construction d’un barrage, à la « verticale du fleuve ».
La construction de ce barrage va se faire au détriment du biotope naturel et  des populations locales  même si elle leur offre, le temps d’un chantier, la possibilité d’un travail et leur fait miroiter une vie meilleure.
L’alternance des points de vue dans ce roman choral va rendre parfaitement compte de toute la complexité de cette situation.

On s’attache à Luisa, Indira et Marla,  profondément meurtries par la mort brutale de Suyapa, leur mère. Grâce à leurs forces de caractère, leurs compétences et surtout sur l’amour qu’elles se portent, elles vont réussir à se reconstruire chacune à leur manière. Elles pourront aussi compter sur Abuelita, leur grand-mère indienne. Elle sera leur socle commun, dépositaire de leur histoire familiale, de leur langue et de leurs racines.

Sur le chantier, nous allons découvrir des hommes et quelques femmes aux parcours personnels différents.
La construction de ce barrage est pour Ghuilerm Pessoa, le chef de chantier,  une remarquable promotion. Conduisant rigoureusement plusieurs centaines d’ouvriers, il mettra un point d’honneur à remplir à bien sa mission. Fasciné par cette nature puissante qu’il devra domestiquer, exigeant envers ses hommes et lui-même, il va être profondément marqué par ces 4 années de chantier.
Josué, le chef de la sécurité, ancien membre d’un gang, sous des airs de gros dur rêve de pouvoir avoir une autre vie auprès de Carola.
Jim Norton, anthropologue et consultant américain se confrontant à la population autochtone et à la nature, et en tombant amoureux va envisager de donner un autre sens à sa vie.
Jessy et Séréna, deux personnages féminins remarquables dans ce paysage d’hommes, et parmi les ouvriers, Oscar, et le tout jeune Kevin … entre autres.
Cette  multiplicité de points de vue donne toute la richesse à cette histoire.

Ce roman est servi par une écriture tout à fait remarquable, à la fois très incarnée et très poétique. Les scènes qui se passent dans la montagne, à proximité de la rivière, sur le chantier ou dans les lieux de vie fréquentés par les ouvriers, sont portées par une langue très vivante, pleine de couleurs, de bruits et d’odeurs.

Inspiré de faits réels, c’est aussi un roman qui nous questionne : sur les conséquences et la légitimité de notre volonté à vouloir domestiquer, exploiter la nature. Sur les impacts  de la surconsommation. Sur la place des femmes dans notre société.
S’il est fondamental d’admettre que d’autres visions du monde, d’autres rapports au vivant puissent exister,  comment pouvons-nous arriver à les concilier ?

Clara Arnaud est une jeune femme au parcours de vie étonnant. Elle est née en 1986. Elle a étudié le chinois et la géographie. Toute jeune, fascinée par le nomadisme, elle  part à pied avec un cheval, découvrir les bordures de  la Chine  que sont le pays ouïghour et les hauts plateaux tibétains. Elle en ramènera un récit « Sur les chemins de Chine » (paru en 2010 aux éditions Gaïa) qui s’inscrit dans le sillon des écrivains voyageurs, et qui lui vaudra de nombreux prix.
Elle reprend la route, direction l’Arménie et la Géorgie, toujours en compagnie de son cheval, voyage qu’elle raconte dans « Au détour du Caucase, conversation avec un cheval » (aux éditions Gaïa en 2017).
Elle travaille depuis dix ans dans le domaine de la coopération pour des projets de développement international  et ses missions l’amènent au Sénégal, au Bénin, au Ghana et en République Démocratique du Congo. Kinshasa, où elle est restée deux ans, sera le cadre de son premier roman «  L’Orage », (toujours aux éditions Gaïa en 2015).
C’est de retour de sa dernière mission au Honduras où elle est restée de 2016 à 2020, qu’elle a écrit son nouveau roman « La Verticale de fleuve » paru en 2020, aux éditions Actes Sud.

 Après avoir été tant limités dans nos déplacements et dans nos rapports aux autres, ce moment de partage avec Clara Arnaud durant lequel elle nous a raconté sa façon de partir, de voyager, de rencontrer des paysages, des gens, d’autres cultures, et comment elle en a fait, pour notre plus grand bonheur, des récits de voyage ou des romans, a été un moment d’une grande intelligence et d’une grande bienveillance. C’est dans ces moments là que l’on comprend l’importance de pouvoir partager des pensées riches et diversifiées.
Toujours animée par cette volonté d’aller sur d’autres chemins, Clara Arnaud nous a fait part de ses nouveaux projets. Nous attendons donc avec enthousiasme de la lire à nouveau.

Présentation du roman de Clara "La verticale du fleuve"

Présentation du récit de "l'errance" de Clara à travers le Caucase :
"Au détour du Caucase - Conversation avec un cheval " Ed Gaïa, 2017