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Année 2022-2023


"Lectures partagées" continue durant l'année 2022-2023. Une activité appréciée à côté des livres nomades pour permettre aux lecteurs de faire de belles découvertes de lecture et de les partager avec les autres.

Littera 05 vous invite donc à venir aux dates qui seront indiquées prochainement ci-dessous, présenter un livre , actuel ou ancien, que vous aimeriez partager avec d'autres amoureux de la lecture .Vous pouvez aussi venir seulement pour écouter


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Lectures partagées du 15 juin 2023

9 participant(e)s.

Toute passion abolie de Vita Sackville-West – Ed. Autrement -traduit de l’anglais par Micha Venaille.

A l’aube du XXe siècle, dans une famille aristocratique à Londres, une jeune femme qui s’est mariée très jeune se retrouve veuve avec 5 enfants. Elle décide de se retirer dans un quartier de Londres plus pauvre avec une gouvernante française. C’est un récit sous forme d’introspection. Elle contemple sa vie avec calme. C’est beau et romantique. L’auteure était la grande amie de Virginia Woolf.

Carnets d’Orient et suites algériennes de Jacques Ferrandez – Bande dessinée ou roman graphique… - Casterman -

Les suites algériennes de Carnets d’orient en deux volumes de 1962 à 2019, après l’Indépendance, depuis l'indépendance en 1962, la victoire confisquée par le FLN aux années de plomb des années 1990 jusqu'à la révolte populaire de 2019. Il a pris des tranches de l’histoire algérienne sans que la chronologie soit respectée. Il commence par le printemps algérien. Il prend deux personnages, un journaliste et une étudiante et multiplie les allers-retours dans le temps. Très intéressant et incarné.

L’énigme algérienne de Xavier Driencourt – Ed de l’Observatoire - 2022

Ancien ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt est le diplomate français qui aura passé le plus de temps en poste en Algérie. Il connaît donc très bien le pays et analyse sa complexité et les rapports entre les deux pays. Il a également été diplomate en Malaisie.

Le gosse de Véronique Olmi – Le livre de poche - 2023

A Paris, après la première guerre mondiale, Joseph vit entouré de l’amour de sa mère et de sa grand-mère. Devenu orphelin à 8 ans, il va aller de famille d’accueil en colonie disciplinaire. Il se lie d’amitié avec un autre enfant. Les conditions de vie sont très difficiles mais grâce à la musique, il va pouvoir s’en sortir. C’est la montée du jazz et du front populaire. Un journaliste va éveiller les consciences sur les conditions de détention des enfants et sera à l’origine des comités Alexis Danan de protection de l’enfance. Sombre mais très humain avec une fin ouverte.,

Marées de Sarah Freeman – traduit de l’anglais par Sara Kiefé – Ed. Bouquins - 2023

Premier roman. Presque une grande nouvelle. Des chapitres très courts alternent avec d’autresplus longs. Histoire de Mara qui, désemparée, fuit le Canada et se retrouve dans une station au bord de la mer. La ville est vide. Solitaire, elle dort sur la plage, dans la rue. Elle survit en travaillant un peu dans une boutique. Elle semble aller mieux et puis elle va replonger à cause d’un traumatisme qui s’avère être la mort d’un enfant. Le style est beau, très imagé. Elle ne s’appesantit pas, tout est suggéré.

C’est égal d’Agota Kristof -livre de nouvelles – Ed. Poche Points - 2006

Lecture à voix haute de la nouvelle Le cambrioleur.

Le livre de l’intranquilité de Fernando Pesoa – traduit par Françoise Laye – Ed. Christian Bourgeois – 1992

Journal intime, pensées, réflexions, l’édition de 1990 comprend 4 préfaces. Plusieurs personnages. Lecture à voix haute d’un extrait.

La vie est à nous d’Adrien Klent

3 ans après « Paresse pour tous », le président a mis en place son programme de 15 H de travail par semaine avec l’idée que ce n’est pas seulement l’économie qui doit nous guider. Il parle de « coliberté » plutôt que de paresse. Il veut organiser un référendum pour prendre la décision de cogouverner à 6 coprésidents. L’action se situe sur les 6 jours précédant le référendum.

Un chien à ma table de Claudie Hunzinger

Couple de personnes âgées qui vit retiré du monde. Sophie, romancière est très proche de la nature.

Grieg, son conjoint, vit reclus au milieu de ses livres. L’apparition dans leur vie d’une jeune chienne maltraitée sexuellement va changer leurs habitudes, Sophie va retrouver le goût de la marche et des longues promenades dans la nature. C’est un très beau roman, d’une écriture riche, poétique et sensible, un roman qui pose la question de la place de l’homme dans la nature et son rapport aux autres espèces, qui s’attarde sur la vieillesse, sur les sentiments amoureux qui perdurent.

Le chant d’Achille de Madeline Miller –

Quand Achille et Patrocle se rencontrent, ils sont encore des enfants. Patrocle est aussi chétif, maladroit et discret qu’Achille est solaire, habile et puissant. Entre ces deux êtres si dissemblables va naître une amitié qui se transformera en un amour passionnel. L’écriture est vivante, alerte, moderne et si tous les personnages de la mythologie sont présents, c’est un livre qui se lit comme un très beau roman d’apprentissage et d’amour.

Gentil n’a qu’un œil de René Merle – Ed. De la Courtine

Les paysans haut alpins se sont battus contre Napoléon. Le personnage principal du roman est un jeune instituteur bas-alpin qui fait partie de « la montagne rouge ». Il et question de la conquête de l’Algérie, d’un périple à travers Provence, Vivarais, Dauphiné, Lyonnais et Forez, Les patois employés sont un mélange entre le provençal et l’allemand. L’auteur est un historien qui a beaucoup écrit des romans noirs.

 

Lectures partagées du 4 mai2023

10 participant(e)s.

L’ombre de nos nuits de Gaëlle Josse – Ed. Noir sur Blanc – 2016 et poche

            2 histoires, deux époques.  La première, sous le règne de Louis XIII raconte la conception d’un tableau de Georges de La Tour, l’histoire des personnages. Un jeune garçon recueilli par la famille du peintre devient son apprenti et l’aide à la réalisation du tableau. On suit le voyage       à Paris qu’entreprend le peintre pour apporter le tableau au roi.
            De nos jours, une jeune femme, malheureuse en ménage, laisse ses pensées vagabonder en  s’attardant dans  la contemplation de ce même tableau.

Sa préférée - Sarah Jollien Fardel - Ed Sabine Wespieser, 2022

Ce livre a été récompensé par le prix du roman Fnac et le premier prix Goncourt des détenus.
Très bien écrit mais Dur. Dès le début, le lecteur est confronté à la violence du père alcoolique  qui  bat sa femme, ses filles, viole la sœur de Jeanne qui finit par se suicider. L’entourage ferme les yeux. La mère et la sœur aînée se résignent mais Jeanne finit par s’échapper et  vivre sa vie en hors de cette enfance détruite.
Référence à « mère éphémère » présentée précédemment..

La vie en chantier de Pete Fromm - Ed. Gallmeister – 2019 – traduit de l’américain par Juliane Nivelt

Cela commence par une vie heureuse, un jeune couple qui attend la venue d’un enfant. L’histoire se passe toujours dans les grands espaces du Montana mais le propos du livre n’est pas bucolique, Marnie meurt en couches et Taz se retrouve désemparé, confronté à ce qu’il n’avait jamais pu envisager, perdre la femme qu’il aimait et élever seul son enfant, enfin pas tout à fait seul, plusieurs personnes vont l’aider et l’entourer dans ce dur chemin de la reconstruction de sa vie et de sa maison qui est restée en chantier. C’est un livre extrêmement touchant sur les doutes, les peines, les joies inattendues. L’amour d’un père qui découvre le monde inconnu de la paternité, un très beau livre qui touche au coeur. Sensible, émouvant  mais jamais larmoyant.

Un oiseau blanc dans le blizzard de Laura Kasischke - Gallimard, 2022

Kate, 16 ans trouve la maison vide. Sa mère est partie en laissant toutes ses affaires. Au début, elle n’est pas trop inquiète. Ensuite, elle s’interroge sur les relations entre sa mère et son père, personnage assez fade. Livre troublant. La mère semble avoir été une personne tyrannique mais désespérée. Il y a des voisins et une psy qui ne sert à rien « elle n’approuve pas ma mère, elle est juste payée ». La relation mère, fille est difficile. Kate est presque un glaçon au début, sexualité triste. Rêves et cauchemars. Assez sordide, voire morbide. Moins réussi que « esprit d’hiver ».

Mes fragiles de Jérôme Garcin - Gallimard, 2023

Il veut rendre hommage à sa famille, à ses morts, ses deuils successifs : son frère jumeau mort à 6 ans d’un accident sous ses yeux, son père mort d’un accident de cheval quand il avait 17 ans, sa mère, son plus jeune frère, être à part mais un vrai artiste atteint du syndrome du X fragile. Jérôme Garcin est lui-même porteur sain du gêne qu’il a transmis à ses filles, ce qui renvoie au livre précédent « le syndrome des Garcin ». Le père de Jérôme Garcin est le premier de sa lignée a avoir dérogé à la règle établie depuis des générations. Il est devenu éditeur au lieu d’être médecin. Etrange que cette famille de médecins depuis des générations n’ait pas eu connaissance de cette anomalie génétique.

Le pain perdu de Edith Berck - Poche, 2023

Témoignage sur la fin de sa vie d’une rescapée de la Shoah. Elle dit qu’« Il faudrait des mots nouveaux, y compris pour raconter Auschwitz, une langue nouvelle, une langue qui blesse moins que la mienne, maternelle." Le récit commence en 44 en Hongrie. Le jour où ils se sont faits arrêtés est celui où ils avaient pu avoir de la farine pour faire du pain. Sa maman répète tout le temps « le pain est perdu » Rescapée, elle retourne dans son village où il ne reste rien.. Elle part en Israël, terre soi disant promise. C’est un livre sur l’exil. Partout où elle va, elle sera mal accueillie jusqu’à l’Italie où elle va trouver refuge.

Il faut qu’on parle de Kevin de Lionel Shriver - Poche 2020- Françoise Cartano (Traduction)

Roman épistolaire entre la narratrice et son mari dont elle est séparée. Il est question de Kevin, leur fils, qui est en prison pour avoir commis un crime de masse comme les américains en ont le secret. Il a tué  7 enfants et leurs deux professeurs. A travers leur correspondance, on va découvrir que Kevin était « mauvais » depuis l’enfance, sa sœur a perdu un oeil par sa faute. Lionel Shriver va briser deux tabous : celui de l’innocence de l’enfant qui peut se révéler méchant par nature et celui du déficit d’amour maternel, la mère n’arrive pas à aimer Kevin, s’en méfie constamment. Le père semble  plus aimant mais c’est uniquement le point de vue de la mère qui est évoqué.. Est-ce l’absence d'amour maternel qui est  la cause de tout ou Kevin est-il né foncièrement mauvais ?

Lien est fait avec "Mauvaise fille" de Justine Levy

qui parle d’un amour inconditionnel d’un bébé envers sa mère. C’est choquant également.

Bénie soit Sixtine de Maylis Adhémar - Poche, 2021

1er roman. Itinéraire de Sixtine, jeune fille catholique vouée à devenir une épouse modèle qui aura de nombreux enfants. Innocente, très pieuse, elle se marie  à un bon catholique plus âgé qui cherche une épouse qui va lui donner une descendance. Enceinte, elle n’aime pas ce qui lui arrive, ce bébé qui pousse dans son ventre. Son mari s’absente souvent, il fait parti d’une secte de cathos intégristes qui va l’amener à tuer et se faire tuer. Alors que sa belle famille veut la garder prisonnière, elle se sauve et va peu à peu s’émanciper. Tout est une découverte. Elle se réfugie dans l’Aveyron et quand le bébé naît, elle va également découvrir l’amour maternel. C’est un roman bien écrit, bien conduit, très agréable à lire.

La mort à Rome de Wolgang Koepper – Ed du Typhon - 2019

Dans les années 52, Siegfried, un jeune compositeur allemand, est à Rome pour assister à la première de sa symphonie. Berlin et Rome, deux villes meurtries par la guerre et peuplées de fantômes. Siegfried  est mal à l’aise, peu sur de lui et de son talent mais encouragé par le chef d’orchestre dont la femme est une juive. Le poids du passé pèse très lourdement sur le récit. On comprend qu’il a coupé les ponts avec sa famille dont la plupart des membres étaient  fascistes mais il va vite s’apercevoir qu’ils se trouvent tous à Rome, même son oncle, un ancien haut dignitaire nazi qu’il croyait disparu. Ce roman est une charge impitoyable contre  l’Allemagne et l’Italie où les criminels de guerre peuvent réapparaître au grand jour sans être jugés et sans accepter l’idée de leur défaite. C’est un livre difficile, exigeant, on change constamment de personnage, on est dans leur tête, dans leurs réflexions et pour certains, c’est éprouvant mais nécessaire.

 

 

Lectures partagées du 6 avril 2023

6 participant(e)s.

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– Vivian Maïer à la surface d’un miroir de Paulina Spucches (BD – 2021 - ed. Steinkis)

Beau dessin enfantin avec beaucoup de couleurs vives. Hommage à Vivian Maïer, franco américaine (sa mère était originaire des Hautes-Alpes, du Champsaur), artiste méconnue en son temps et devenue célèbre après sa mort pour ses photographies qui sont un important témoignage pris sur le vif, dans la rue, sur une quarantaine d’années, de la vie des gens en Amérique. New York, Brooklyn.

La jeune dessinatrice s’est inspirée des photos pour imaginer la vie de Vivian Maïer.

Les heures silencieuses de Gaëlle Josse – 2011 - Notabilia et livre de poche

C’est avec ce livre que Gaëlle Josse est passée de la poésie au roman. Pour écrire son premier roman, elle s'est inspirée d'un célèbre tableau peint par l'artiste Emmanuel de Witt, un contemporain de Vermeer. Ce tableau est représenté sur la couverture du livre. On voit une femme de dos jouant de l'épinette au sein d'un intérieur bourgeois flamand. C’est Magdalena Van Beyeren dont Gaëlle Josse s’inspire pour tracer un portrait tout en finesse et délicatesse en 1667 à Delf.

Si seulement la nuit d’Atiq et Alice Rahimi – Ed. P.O.L. - 2023

Ecrit pendant le confinement. Dialogue entre le père et la fille. Atiq va se dévoiler, il va parler de son exil au moment de l’invasion russe en Afghanistan. Il a du fuir car il n’acceptait ni les russes, ni les talibans. Il a toutefois gardé en mémoire les traditions anciennes. Il est parti avec sa femme en 1980 et y est retourné en 2002. c’est un livre sur la filiation. Sa fille lui reproche de ne pas lui avoir transmis son Afghanistan. Lui ne voulait pas lui imposer sa vision. Forme épistolaire. Alice se demande « qu’est-ce que j’aurais fait ? » « Aurais-je eu le courage de faire quelque chose » ? La deuxième partie du livre semble la plus intéressante. Ici et là-bas. Où se situe t-on quand on est exilé ?

Les funambules de Mohamed Aïssaoui – Gallimard - 2022

Le narrateur a quitté l’Algérie à 9 ans. Ils arrivent dans une cité défavorisée. Sa mère est analphabète bilingue, une jolie façon de dire qu’elle n’a pas bénéficié de beaucoup d’instruction.. Lui va se raccrocher à l’école. Il décide d’écrire et de rendre hommage à ses parents. D’abord journaliste au Figaro littéraire, il devient écrivain public. Il rencontre des associations, écrit de petits moments de vie. Aidants et gens en difficultés sont le fil conducteur de ce livre. Il veut aussi retrouver Nadia son amour de jeunesse. Roman sensible et émouvant.

– Les deux bouts de Henri Calet – Heros-Limite éditions 2016

C’est une galerie de portraits, reportages parus dans Le Parisien Libéré de mai à juin 1953. Récit Témoignage sur les conditions de vie des petites gens., chauffeur de taxi, concierge, femme de ménage….Pour nous donner un aperçu, Gérard Levy nous lit un des portrait. Emouvant, précis et bien écrit. A découvrir. Ouvrage paru précédemment chez Gallimard en 1954 dans la collection "L'Air du Temps", dirigée par Pierre Lazareff.

– Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant – Ed. Héloïse d’Ormesson - 2017

Biographie romancée de Robert Desnos. C’est toute une époque que Gaëlle Nohant restitue, les bouillonnantes années folles, les batailles des surréalistes, la rigidité d’André Breton et la fantaisie du groupe Octobre de Desnos et Prévert, la guerre d’Espagne, l’occupation, le fascisme en France, la résistance, les camps. Desnos a vécu intensément et nous le suivons dans cette effervescence créatrice de l’entre deux guerres. Si les poèmes qui parcourent le texte sont très beaux, la langue de Gaëlle Nohant est également pleine de poésie.

Avant les années terribles de Victor del Arbol - Traduit par Claude Bleton - Actes Sud, 2021

A Barcelone Isaïe, tente de se reconstruire. Il travaille, va bientôt devenir père, son lourd passé d’enfant soldat semble derrière lui mais une rencontre va tout faire basculer. Sous prétexte de témoignage et de jugement des anciens tortionnaires, il est invité à retourner en Ouganda. Dès lors, deux époques alternent le présent et le passé lors des années terribles où victimes et bourreaux se confondaient. Superstition, enlèvement et enrôlement des enfants , apprentissage du maniement des armes, traque des enfants albinos... Isaïe a survécu mais à quel prix ?

Présentation du partenariat de la librairie La Loupiote avec les libraires du sud pour l’opération « on lirait le sud ».

La Loupiote a choisi de mettre en avant la maison d’édition du Typhon. Le jeune éditeur, Yves Torrès viendra le 1er juin et, à cette occasion, nous lirons des extraits de ses livres.

 

Lectures partagées du 2 mars 2023

7 participantes

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Partie italienne d’Antoine Choplin
Le narrateur est un artiste sculpteur réputé qui va à Rome pour fuir la célébrité et les mondanités.Il s’installe avec son jeu d’échec à la terrasse d’un café place Campo di’ Fiori, sous la statue de Giordano Bruno. Il est doué, il gagne toutes ses parties jusqu’à l’arrivée d’une belle jeune femme qui s’installe en face de lui et gagne. Plus que la rencontre amoureuse, c’est également un livre sur la mémoire, la jeune femme est à la recherche des traces d’une partie d’échec de son grand-père, célèbre joueur juif mort en déportation. On rejoint la grande histoire. Style elliptique et poétique à la Hubert Mingarelli, son ami écrivain récemment décédé.

Partiellement nuageux d’Antoine Choplin
Ernesto est un astronome qui vit au Chili dans son observatoire avec son chat pour seul compagnon. Sa compagne a disparu pendant la dictature sous Pinochet. Au musée de la mémoire des disparus à Santiago, devant la photo de sa femme, il rencontre Emma, elle aussi très marquée par les blessures du passé. Il va y avoir un choc pour Ernesto et Emma face à un troisième personnage...

Cour Nord d’Antoine Choplin
Une usine va fermer. Grève générale. Le père, ouvrier très attaché à son usine, se met en grève de la faim. Son fils Léo le soutient mais n’a pas envie d’autant s’investir dans cette grève. Il est musicien et privilégie sa passion. Relation toute en retenue entre le père et le fils. Ce sont des taiseux, connivence et silence. Encore une fois, le style rappelle celui d’Hubert Mingarelli.

Les années d’Annie Ernaux
Traversée d’une époque. Les images, les idées évoquées sont datées. A travers sa propre histoire, Annie Ernaux parle à beaucoup. Son autobiographie a quelque chose d’universel.

Reine de coeur de Akira Mizubayashi
2éme d’une trilogie. Livre divisé en cinq mouvements comme une œuvre musicale, cinq chapitres à la façon de Chostakovitch. 3 personnages importants : Yun, un musicien, que l’on découvre en 1939 à Paris – Anna, son grand amour, qui est enceinte – et une jeune infirmière rencontrée au Japon. Contexte : traumatisme de la guerre. Yun est contraint de rentrer au Japon pour s’engager. Le 1er chapitre est terrible, ‘une violence parfois insoutenable. Le roman alterne les époques avec les descendants. 1939, 2007, 1993, 2008. Les personnages sont un peu trop lisses et parfaits face à l’ignominie. La musique tient une place centrale. Analyse poussée d’une œuvre.

Attaquer la terre et le soleil de Mathieu Belezi
Algérie. Histoire de deux sœurs qui partent au tout début de la colonisation, dans les années 1842. On apprend qu’à cette époque là, il y avait encore des lions de l’Atlas. Il y a une alternance de chapitres entre les voix d’une femme et celle des soldats. Là également des images sont insoutenables, bains de sang, maladies. Dure besogne que de s’installer sur une terre hostile. Très touchant de voir la naïveté de ces premiers colons qui vont être eux-mêmes colonisés par les militaires. Ils se heurtent à la sauvagerie des arabes qui sont chez eux et que les militaires massacrent...A l’image de la conquête de l’Ouest en Amérique. Livre très intéressant pour comprendre les relations avec l’Algérie. Dur héritage.

Familles de Lydie Salvayre
Très court récit. Analyse clinique des relations à l’intérieur d’une famille.

Belle Greene d’Alexandra Lapierre
Biographie très fidèle. Destin singulier. Le livre commence par un drame. On remonte ensuite dans le temps pour raconter l’histoire de Belle Greene, jeune fille passionnée par les livres et plus particulièrement les ouvrages rares, les éditions recherchées, très chères. Elle monte très vite les échelons et devient la directrice de la bibliothèque du très riche J.P. Morgan à New York et la coqueluche de l’aristocratie. Mais Belle Greene cache un secret qui, s’il est découvert, ruinera tous ses efforts de reconnaissance dans cette Amérique raciste du début du XXème siècle. Belle Greene bien que blanche de peau, a du sang noir, elle est la fille d’un célèbre activiste noir très fier de ses origines. Belle Greene, sa mère et ses quatre frère et sœurs vont faire un pacte. Ils partent, quittent leur famille, ce qui est un déchirement et vont s’installer à New York où personne ne les connaît. Ils vont cacher leur identité, transformer leur nom, les enfants vont se jurer de ne jamais avoir de descendance pour ne pas prendre le risque d’avoir un bébé noir. Belle Greene mène en apparence une vie de femme libre, riche et indépendante mais écartelée avec la peur constante d’être découverte.

Petites boîtes de Yoko Ogawa

La narratrice de ce livre vit seule dans une ancienne école maternelle. Tout y est petit, au format de ceux qui la fréquentaient autrefois et qui semblent avoir tous disparus. Elle veille également sur un auditorium où sont disposés d’étranges petites boîtes. Elle traduit également des lettres indéchiffrables pour leur destinataire qui ne peut s’exprimer qu’en chantant. Elle observe du haut d’une colline des concerts de musique que seuls les porteurs d’étranges instruments accrochés à leurs oreilles peuvent entendre. La maternité du village va être détruite. Plus d’enfants scolarisés, plus de bébés à naître. Tout est étrange et en même temps, on sent une bienveillance, un culte des morts, les boîtes sont comme de petits autels où on vient déposer des objets émouvants. Si on ne cherche pas à tout prix une signification, une explication rationnelle, si on se laisse aller à la poésie, il y a une forme d’apaisement dans tous ces rituels.

Paris Briançon de Philippe Besson

Facile à lire. Plusieurs personnages, réunis par hasard dans un wagon du train de nuit Paris-Briançon, font connaissance, des liens se créent. Des adultes et des jeunes gens partis skier avec tout leur matériel. Il y a du suspense, on sait que quelque chose de terrible va se produire et que tous n’arriveront pas vivants au bout de la nuit.

Mère éphémère de Emma Marsantes

1er roman autobiographique. Sonorité des mots. Violence familiale, choquante. Enfance malmenée, père toxique, mère suicidée. Vécu terrible. Pour parler de l’indicible, Emma Marsantes (un pseudo) a choisi de jouer avec les mots avec une succession de noms et d’adjectifs. On dépasse le stade du voyeurisme. L’intérêt du livre est le processus de reconstruction. Comment une mère peut abandonner son enfant qui va se sentir responsable de la folie de cette mère. Beaucoup de questions. Livre thérapeutique. L’autrice a traversé tellement d’épreuves. Elle est prof de français, elle a une vie sociale, une vie de couple mais est-elle épanouie ? On pense à Sylvie Germain et son livre « l’enfant méduse ».

Nuits de noces de Violaine Berot
Long poème de 32 petits chapitres, 32 petites pépites qui racontent l’histoire d’amour de ses parents. Violaine Bérot se met à la place de sa mère. Elle écrit à la première personne.
Elle raconte cette passion pour cet homme, son père, un prêtre, qui hésitera mais finira par abandonner la prêtrise pour épouser sa mère qui attendra obstinément six années pour pouvoir enfin vivre avec l’homme qu’elle a choisi

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Lectures partagées du 2 Février 2023

7 participantes.

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– L’avocat était une femme de Julia Minkowski et Lisa Vignola

Essai sur des avocates pénalistes. Elles veulent mettre en avant des femmes qui défendent des causes indéfendables. C’est le témoignage de neuf femmes qui racontent les procès qui les ont le plus marquées (Guy Georges et Charles Pasqua entre autres). Elles décrivent les faits mais également leurs ressentis et leurs efforts pour comprendre. Elle s’impliquent tellement que certains procès les poursuivent toute leur vie.

– Fraternels de Vincent Borel

Roman d’anticipation, tout à fait d’actualité mettant en scène des fous furieux intégristes, des esclaves des nouvelles technologies, des industriels qui pillent notre planète. Il y a une grosse entreprise qui introduit une puce sous la peau de ses salariés. Ils fabriquent des « ninephones » et développent une nouvelle source d’énergie à Cadarache. Parallèlement, il y a des personnages plus positifs, des résistants vivant en communauté près de Manosque qui cultivent des légumes sans OGM et qui préservent les livres.

– Intimité d’Alice Ferney

Une mère confie son aînée à sa voisine qui est libraire, elle va accoucher mais meurt des suites de l’accouchement. Le père revient avec l’enfant qui a survécu. Une relation se créée avec la libraire, Aba, très indépendante. Le père va rencontrer une autre femme, Alba qui va s’avérer asexuelle. C’est un livre très féministe. Alice Ferney pose le problème des mères porteuses et se positionne résolument contre.

– Un chien à ma table de Claudie Hunzinger

Couple de personnes âgées qui vit retiré du monde. Refus de l’anthropocène. Sophie, romancière est très proche de la nature. Grieg, son conjoint, vit retiré au milieu de ses livres. L’apparition dans leur vie d’une jeune chienne maltraitée, qu’ils nommeront Yes, va changer leurs habitudes. C’est un très beau roman, d’une écriture riche, poétique et sensible, un roman qui pose la question de la place de l’homme dans la nature et son rapport aux autres espèces, qui s’attarde sur la vieillesse, sur les sentiments amoureux qui perdurent.

– Marcher jusqu’au soir de Lydie Salvayre

Dans la collection « ma nuit au musée ». Lydie Salvayre a passé la nuit au musée Picasso à Paris où il y avait une exposition Picasso-Giacometti. Elle nourrissait une grande passion pour « l’homme qui marche ». elle se retrouve devant la sculpture qu’elle aime passionnément et rien ne se passe. Aucune émotion. Elle va être très en colère contre plein de choses, contre les institutions, les musées et va chercher à comprendre pourquoi elle est insensible. Il y a de très belles pages à la fin sur l’Art.

– Un enfant sans histoire de Minh Tran Huyn

Récit témoignage sur son enfant autiste profond qui ne communique pas du tout. Diagnostic tardif (2 ans), parcours du combattant pour trouver des aides, des thérapeutes. De faux espoirs.
Ne sachant comment écrire sur son fils, elle raconte en parallèle le parcours de Temple, la miraculée américaine qui a un déclic et s’en sort avec les chevaux, cette jeune Temple perçoit ce que ressentent les animaux et va devenir célèbre mais le petit garçon de Minh Tran Huyn, lui reste enfermé dans son monde.

– Darwyne de Colin Niel

Colin Niel nous embarque encore en Guyane avec se nouveau roman. Darwyne est un garçon de dix ans, légèrement handicapé. Il vit avec sa mère à Bois Sec, un bidonville. Ils habitent la dernière maison en lisière de forêt, la jungle est partout et cherche à reprendre le territoire que les hommes se sont octroyés. Darwyne adore sa mère, Yolanda, très belle, forte, courageuse, il voudrait la garder pour lui seul. Il est prêt à tout pour qu’elle l’aime. Mais des hommes viennent régulièrement s’installer dans leur carbet. Tous finissent par disparaître soudainement et mystérieusement. Le nouvel homme qui arrive est un vrai géant. L’autre personnage important du roman est Mathurine, une employée de la protection de l’enfance. Suite à un signalement de maltraitance, elle va enquêter et essayer de se rapprocher de l’enfant sauvage.La forêt sera leur terrain d’entente. Toutes les fantasmagories, tous les excès sont possibles dans ce territoire sauvage d’Amazonie qui est décrit de façon magistrale.Une immersion sensorielle totale grâce au talent de conteur de Colin Niel.

– Un livre de martyrs américains de Joyce Carol Oates

Livre magistral sur le combat entre les partisans et les adversaires de l’avortement. Comme à son habitude, en analyste hors pair, Joyce Carol Oates décortique la société américaine, essaye de comprendre les circonstances, les points de vue.

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Lectures partagées du 5 janvier 2023

7 participantes.

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Sur l’épaule des géants de Laurine Roux

Bien écrit mais peu d’intérêt à l’histoire. Saga dans une famille qui cultive les vers à soie. Le récit embrasse le siècle de la guerre de 14 à nos jours. L’écriture est sensuelle, se rapproche de celle de Sylvie Germain. Les personnages féminins sont forts. C’est drôle, il y a de l’humour mais c’est léger, primesautier.

Les sources de Marie Hélène Lafon

Texte court et intense. 3 chapitres. Le premier se passe sur deux jours, il raconte un WE de juin 67. C’est la mère qui parle, il y a une tension que l’on ressent dès la première phrase où elle observe son mari dormir sur un banc. 2ème chapitre, 7 ans plus tard. Point de vue du père. 3ème chapitre, la deuxième fille s’exprime au moment de la vente de la maison. On parle de sources et non de racines. Violence ordinaire, monde paysan. Peut-être sa propre histoire familiale adaptée.

La nuit, le sommeil, la mort, les étoiles de Joyce Carol Oates

En 2010, dans la petite ville Hammond de l’état de New York, Whitey, ancien maire de la ville rentre chez lui et voit deux policiers tabasser un jeune indien. Il intervient, les deux policiers se jettent sur lui, il se retrouve dans le coma, il meurt. On retrouvera sur son corps la preuve des décharges de teasers que les deux policiers nient avoir employés. Ensuite, on entre dans la vie de la famille de Whitey, un patriarche qui tenait sous son emprise, même s’il les aimait, sa femme et ses 5 enfants adultes. Comment vont-ils réagir ? Joyce Carol Oates fouille jusqu’à l’os les personnages. Symbole de l’Amérique actuelle, son racisme, ses compromissions, l’homophobie, cette Amérique divisée. 4ème point, la vie de cette femme qui devient veuve...

Celle que vous croyez de Camille Laurens

Histoire d’une femme vieillissante, prof de fac qui vient de se faire plaquer par son amant. Elle monte un stratagème pour le séduire à nouveau. Elle crée un faux profil où elle est belle et beaucoup plus jeune. Jeu de miroir entre réel et fiction.

Le pingouin d’Andreï Kourkov

Le narrateur adopte un pingouin, le zoo de Kiev en faillite ne peut plus le garder. La relation entre l’homme et le pingoin mélancolique est narrée avec humour. Ce livre est aussi l’occasion de dénoncer l’absurdité des régimes post URSS.

– L’amas ardent de Yamen Manaï

Histoire d’abeilles, de ruches massacrées par le frelon asiatique sur fonds de printemps arabe , l’occasion de parler de politique et de dénoncer les problèmes de la société tunisienne actuelle.

– Quand tu écouteras cette chanson de Lola Lafon

Roman écrit dans le cadre de la collection « ma nuit au musée ». Lola Lafon choisit de passer sa nuit dans l’Annexe, le musée d’Anne Franck à Amsterdam. Un écrit émouvant et subtil sur cette adolescente si lucide. Une introspection en forme de reconnaissance et d’hommage à l’écrivaine Anne Franck. Figée devant la porte de la chambre d'Anne, incapable d'y pénétrer car trop de voix y font écho, c'est finalement le souvenir traumatisant d'un fantôme de son enfance qui l'aidera à pousser la porte…

– Ainsi Berlin de Laurent Petitmangin

Après la guerre, sur les décombres de Berlin, deux jeunes gens, Käthe et Gerd s’engagent à l’Est dans la reconstruction du monde nouveau pour lequel ils se sont battus. Kathe surtout a une vision précise de l’avenir. Elle imagine un programme sélectif où les enfants des élites intellectuelles seraient élevés dans un institut avec les meilleurs professeurs pour former une génération d’individus supérieurs assurant l’avenir de l’Allemagne de l’Est. Gerd tout en approuvant, est méfiant et sensible aux charmes d’une architecte américaine, Liz, venue apporter son aide à la reconstruction de l’Allemagne de l’Ouest. C’est l’histoire d’un pays fracturé et d’un homme qui doute et hésite entre aspirations et fidélité à ses idées.

– Une certaine raison de vivre de Philippe Torreton

Un jeune homme part à la guerre de 14 dont il revient indemne extérieurement mais détruit de l’intérieur. La guerre le poursuit nuit et jour. Les seuls moments où il échappe à cet enfer du traumatisme c’est lorsqu’il fait l’amour à sa femme, Alice. ou lorsqu’il part rejoindre dans les montagnes le berger qui plante des arbres et qu'il a rencontré avant guerre. Hommage à Giono qui lui a inspiré ce personnage. Mais rien ne pourra vraiment le guérir. Il va tenir jusqu’à la seconde guerre en écrivant des pièces de théâtre. Un récit très émouvant et un réquisitoire implacable contre la guerre.

Echec au destin de Luis LLach

Thriller médiéval. Intrigues de cour complexes. La reine est retrouvée morte au pied de son balcon. Le drame vient fragiliser une succession à haut risque pour ce royaume occitan qui doit sa survie à la protection de Rome. La reine s’est-elle donné la mort ou l’a-t-on assassinée ?

Un jour ma fille a disparu dans le nuit de mon cerveau de Stéphanie Kalfon

Dans une fête foraine, Nina disparaît le jour de ses huit ans. Retrouvée le lendemain matin, sa mère ne la reconnaît pas et dit « ce n’est pas ma fille ». Tour de force de ce roman qui nous fait partager la folie de la mère et les efforts de la fillette pour être à nouveau acceptée.

Sortir au jour de Amandine Dhée

Rencontre entre une jeune autrice et une jeune femme thanatopracticienne (Traduction littérale du titre venant de l’Egypte ancienne) Regard ironique et jubilatoire, un livre réconfortant sur la mort..

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Lectures partagées du 1er décembre 2022

9 participantes.

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Les enfants endormis d’Anthony Passeron

En alternant les chapitres, Anthony Passeron nous conte l’histoire du Sida. Cohabitent la recherche médicale, ceux qui se sont battus pour que soit acceptée l’idée qu’il s’agissait d’une épidémie, le long chemin jusqu’au prix Nobel de médecine et la vie bouleversée et bouleversante des individus seuls face à la maladie. Une histoire qui a profondément meurtri et détruit sa famille. Dans ce village de l’arrière pays niçois, au début des années 1980, cette maladie inconnue et « honteuse » est apparue sans que personne ne comprenne comment et pourquoi. Son oncle, le frère aîné ce son père, qui se droguait a été le premier touché, sa femme ensuite et leur petite fille. Drame familial, difficile reconnaissance médicale. On apprend beaucoup, on compatit, on est scandalisé, on est ému, on applaudit et on pleure à la lecture de ce livre passionnant de bout en bout.

Sidérations de Richard Powers

Futur proche. Légère anticipation, exploration des planètes, intelligence artificielle. C’est cependant une description de l’Amérique actuelle, chaotique. Le personnage principal, Théo, est astrobiologiste. Il élève seul son fils, Robin, un garçon très intelligent mais traumatisé par la mort de sa mère, Il est atteint du syndrome d’Asperger, très respectueux des animaux et de la nature. Il pose toujours la question : pourquoi les hommes ont-ils fait du mal à la terre ? Pour calmer les crises de colère de son fils, Théo lui fait l’école dans la nature, il lui apprend l’histoire des planètes, des étoiles . C’est une thérapie comportementale et l’évocation du monde de l’enfance auquel Richard Powers revient toujours. Une très belle relation d’un père avec son fils.

Le dernier chant de Sonja Delzongle

Aux quatre coins de la planète, une pandémie semble toucher les animaux aussi bien marins que terrestres. Une scientifique cherche à comprendre...

La décision de Karine Tuil

Après les attentats de 2015, une juge antiterroriste, Alma, doit se prononcer sur le sort d’un jeune homme suspecté d'avoir rejoint l'État islamique en Syrie. Tension très grande avec les parents des victimes. Finesse des questions et difficile décision. Doit-elle libérer le jeune homme, le condamner ? En même temps, s’ajoute un problème plus intime, la séparation d’avec son collègue avec lequel elle entretient une relation amoureuse. Portrait de femme forte, bien écrit, très vivant mais une fin un peu décevante.

Les confins d’Eliott de Gastines

Dans les années soixante, le village des Confins promettait d'être une station de ski florissante. Vingt ans plus tard, il n'en reste qu'une station fantôme. Alternance des chapitres entre 1964 et 1984. L’architecte qui avait découvert le petit village et espéré en faire une station intégrée au paysage, soucieuse de l’environnement, n’a pas pu réaliser son rêve. Les élus étaient corrompus, dénonciation de la cupidité. Il y a eu un drame et 20 ans plus tard, c’est son fils qui revient peut-être pour se venger...Ecriture fluide, très agréable à lire et bien construit.

Le ciel par dessus le toit de Nathacha Appanah

Histoire de Loup, un adolescent arrêté par la police et emprisonné, l’autrice décrit les différents personnages et leurs liens avec Loup. On est dans la tête de Loup et on sent son mal être. Il est en dehors de tout. Il y a des répétitions avec des sonorités proches symptomatiques de sa maladie mentale.On apprend l’histoire de sa famille, polie, gentille, bien élevée. Quelque chose s’est passé qui a fait que tout a déraillé. Tout le monde est de bonne volonté. L’exigence des grands parents fait exploser les normes.

L’autre moitié du monde de Laurine Roux

L’action se passe en Catalogne au début de la guerre d’Espagne. Roman violent et plein d’humanité. Laurine Roux nous raconte l’histoire d’une adolescente, Toya prise dans la grande Histoire. Dans le delta de l’Ebre, des paysans travaillent dans les rizières, comme des serfs, pour une famille tyrannique qui habite un château et la révolte gronde. Bien écrit, fluide.

Les tourmentés de Lucas Belvaux

Le point de départ du récit est une chasse à l’homme mais bien sur ce serait trop simpliste de se cantonner à cette description. Il y a trois personnages principaux dont les voix alternent pour raconter cette histoire. Thriller psychologique serait sans doute plus adapté. Une riche héritière, Madame, assez désespérée, passionnée de chasse, cherche une proie humaine. L’individu sera très bien rémunéré et aura la possibilité d’étudier les moyens de s’échapper. Ils auront 6 mois, l’un et l’autre pour s’entrainer. La proie, Skender, est un ancien légionnaire, alcoolique à la dérive, n’ayant pas réussi à surmonter ses traumatismes de guerre et son retour à la vie civile. Séparé de sa femme et de ses enfants, il voit, avec cet argent assuré, l’opportunité de leur laisser un héritage. Celui qui le contacte pour sa patronne est son ami, Max, ancien légionnaire comme lui.

Cher connard de Virginie Despentes

Milieu artistique. Echange de mails entre un écrivain et une actrice. L’écriture est simple, peu élaborée, assez vulgaire. Au fil des échanges, on a un catalogue des névroses du milieu artstique. Sujet : Me too, clichés, drogue, sexe. Lui n’a pas de souvenir de l’abus dont elle l’accuse. Il y a heureusement quelques fulgurances sur la société.

Les pantoufles de Luc Michel Fouassier

Livre drôle. Un homme claque la porte de son appartement. Il est en pantoufles, il doit aller travailler. Toutes les scènes sont comiques. Il va à l’hôtel en pantoufles. L’occasion de raconter l’histoire des charentaises. Invité à une soirée où il se rend en pantoufles, on le prend pour un performer, un artiste, phénomène qui ira jusqu’à l’Assemblée Nationale. Divertissant sans être niais. Très bien écrit. Concordance des temps respectée.

– Nous nous aimions de Kéthévane Davrichewy

Autrice géorgienne. Pas de pathos. Nostalgique. Il s’agit de la fin d’un amour entre une mère et ses deux filles.qui sont parties rejoindre les grands parents en Géorgie. Première scène violente de leur fouille lors de l’escale à Moscou. Il y a eu un point de rupture lors de la mort du père. Beau récit fait de silence et de pudeur.

Ces orages là de Sandrine Collette

Relation toxique. Clémence s’est enfuie pour échapper à l’emprise de Thomas. Elle s’est installée dans une toute petite maison avec un petit jardin avec la peur que Thomas, un pervers manipulateur, la retrouve. Que souhaite t-elle vraiment ? Comment survivre quand on a perdu toute confiance en soi ? Comment trouver la force de réagir ? Récit noir, oppressant et quelle belle description de la psychologie d’une femme sous emprise…

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Lectures partagées du 06 octobre 2022

12 participants.

La vie clandestine de Monica Sabolo - Gallimard, 2022

Elle cherchait un sujet facile, un faits divers porteur. Elle voulait raconter l’histoire d’Action Directe, comment par idéologie des jeunes gens en viennent à passer à la lutte armée. Comment deux jeunes femmes, Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron ont tué le PDG de Renault, Georges Besse et ont été condamnées à la prison à vie. Leur jeune existence à jamais détruite. Pourquoi n’ont-elles jamais avoué qui des deux avait tiré, pourquoi n’ont-elles jamais demandé pardon ? Ces questions font écho à sa propre histoire, le secret sur les violences subies dans l’enfance par celui qu’elle pensait être son père, le fait qu’il ne lui a jamais demandé pardon...

Je suis Jésus de Giosué Calacuira - Noir sur Blanc, 2022

On connaît peu ou pas l’enfance de Jésus de Nazareth. Giosué Calacuira pallie à cet oubli en nous contant un Jésus très humain, habité par les peurs, les tourments de l’adolescence, ils sont pauvres et peinent à subvenir à leurs besoins. Sous domination romaine, il y a beaucoup d’interdits et de danger. Joseph, son père aimant, qui lui a appris son métier de charpentier, l’abandonne. Il va partir à sa recherche, faire des rencontres plus ou moins heureuses, apprendre la vie, le retour auprès de Marie, sa mère qui l’a eu très jeune et parle peu, elle semble avoir une idée de son avenir alors que lui cherche en permanence des réponses.

Des sirènes de Colombe Boncenne - Ed. Zoé, 2022

La narratrice est une jeune femme artiste dont le récit est construit autour de la maladie de sa mère et les allers et retours à l’hôpital. Lors d’un vernissage de photographies sur le corps, elle rencontre Selma une ethnologue, elles seront attirées l’une vers l’autre et elle pourra lui confier ce qu’elle n’a jamais dit à personne. Chant des sirènes ? Il est aussi beaucoup question d’îles, peut-être encore une référence aux sirènes. Récit sensible, délicat et subtil.

Un jeune homme si tranquille d’Yves Viollier - Les Presses de la Cité , 2022

Livre fluide, très facile à lire, récit du terroir construit entre le passé et le présent. Le livre s’ouvre sur l’enterrement de Roger, un vieil homme très aimé, toujours prêt à rendre service, Il y a foule pour lui rendre hommage. Mais qui était Roger ? Quels secrets inavouables cachait-il ? Roman de l’amitié et de la confiance trahie.

Mohican d’Eric Fottorino - Gallimard, 2021

Proche de Nature humaine de Serge Joncour en plus littéraire, précis et sobre. Une vue d’ensemble sur le monde agricole qui court sur 50 années. Intrigue resserrée autour de deux personnages, Brun, le père et Mo, le fils.. Ils vivent sur la même exploitation en ayant des pratiques et des idées différentes. Le père va mourir d’une leucémie due aux pesticides, démarché par un commercial, il veut faire installer des éoliennes sur ses terres. Mo va s’y opposer.

Vivre vite de Brigitte Giraud - Flammarion, 2022

Livre écrit 20 ans après la mort de son compagnon d’un accident de moto. Chaque chapitre commence par « et si ». Interrogation, enquête sur tout ce qui aurait pu être fait pour éviter ce tragique décès. Cela situe une époque, les années 2000, la musique très présente. Une réflexion sur les pères moins virils, moins absents, ces nouveaux pères auxquels il faut laisser la place, Ca sonne juste, ça sonne bien. Un très beau livre tout en sensibilité.

Pour que je m’aime encore de Maryam Madjidi - Nouvel Attila, 2021

Dans « Marx et la poupée » l’auteur parlait de son enfance iranienne. Là on suit son adolescence à Drancy, les difficultés d’adaptation, les différences physiques, cheveux, mono sourcil dont elle a honte et qu’ elle va apprendre à assumer. L’ascension sociale et la différence de classe et de milieu qui sera encore plus criante à son entrée à Khâgne et Hypokhâgne. Sur le sujet, ce livre est plein d’humour et de lucidité.

GPS de Lucie Rico - POL, 2022

1er roman de cette jeune autrice au talent décalé qui a reçu le prix du cheval blanc. La narratrice, au chômage et fragilisée vit cloîtrée chez elle. Elle ne peut refuser l’invitation au mariage de sa meilleure amie, Sandrine qui disparaît subitement. Par écran interposé, la narratrice va suivre le point rouge qui indique que Sandrine se déplace. Juste vision dématérialisée du monde. Comment on se projette dans des lieux sans y être présent. Histoire loufoque et humour corrosif.

Ubasute d’Isabel Guttierrez - La Fosse aux ours, 2021

Autrice présente à Lignes de crêtes à St Bonnet vendredi 14 octobre. Premier roman. Mourante, Marie demande à son fils de la porter dans la montagne pour la déposer sous le grand rocher. Ce court roman évoque l'ubasute, cette pratique mythique au Japon qui consiste à amener un infirme ou un parent âgé dans un endroit éloigné et désolé pour le laisser mourir. Très émouvant récit qui rappelle le film « la ballade de Nayarama ».

Indépendance de Javier Cercas - Actes Sud, 2022

Suite de Terra Alta, 1er livre où on fait connaissance de Melchor, ancien délinquant devenu policier. Sa mère, une prostituée, a été sauvagement assassinée et il ne supporte aucune violence faite aux femmes. Passionné de Littérature, il s’identifie au Javert des Misérables.

Dans Indépendance, Melchor revient à Barcelone pour enquêter sur les menaces pesant sur la maire de la ville. Il mêle ses recherches sur son histoire personnelle à l’enquête. Il se fait justice lui-même. Ce livre est une critique violente de l’argent et de la classe dominante dont font partie nombre d’indépendantistes catalans. Javier Cercas dit lui-même de son livre « c’est un livre de furie écrit par un furieux ». Un troisième tome sort en octobre en Espagne.

Deux mètres dix de Jean Hatzfeld - Folio, 2020

2,10 m, une hauteur jamais franchie par une femme.

Histoire de quatre sportifs de très haut niveau, sous fond géopolitique de la guerre froide. Entre hier et aujourd’hui : deux champions haltérophiles, un Américain du Missouri et un Kirghize et deux sauteuses en hauteur exceptionnelles, une jeune Américaine et une russe elle aussi d’origine Kirghize. Les deux femmes sont rivales mais s’admirent et se lient d’amitié. L’américaine est invitée des années plus tard au Kirghizistan. Il est question de dopage, de tensions politiques, de déplacements de population, de déportation mais également de la beauté du sport. Les corps, les gestes des sportifs sont décrits avec poésie et respect. De beaux portraits.