Gap -  Hautes-Alpes

Sous le jasmin la nuit

Maïssa Bey

L'Aube, 2004

 

- Accueil

- Qui sommes-nous ?

- Livres nomades 2016-2017:
    Présentation de l'action
    Choix des livres nomades
    D'autres livres que nous avons aimés
    Les lieux relais
    Livres nomades à l'Argentière

- Livres nomades :
      (années précédentes)


    2007_2008
    2008_2009
    2009_2010
    2010_2011   
    2011_2012
    2012_2013
    2013_2014
    2014_2015
    2015_2016


- Rencontres littéraires :

     Michel Moutot
     Nicolas Cavaillès
     Sandrine Collette
     Slobodan Despot
     Gauz
     Pierre Lieutaghi
     Kaoutar Harchi
     Sylvain Prudhomme
     Olivier Truc
     Maylis de Kerangal
     Antonio Altarriba et Kim
     Makenzy Orcel
     Metin Arditi
     Dinaw Mengestu
     Gilles Leroy
     Denis Grozdanovitch
     Alice Zeniter
     Serge Joncour
     Liliana Lazar
     Christophe Bigot
     Boualem Sansal
     René Fregni
     Jean Pierre Petit
     Hubert Mingarelli
     André Bucher
     Beatrice Monroy
     Samuel Millogo
     Alfred Dogbé
     Ghislaine Drahy
     Autour d'Isabelle Eberhardt
     Hélène Melat, littérature russee

- Des coups de coeur

- Lectures partagées :
    2014_2015
    2015_2016
    2016_2017

- Pérégrinations littéraires :
    2015_2016
    2016_2017

- Echappées livres :
    2015_2016
    2016_2017

- Co-édition :
     J.I.P. Italie
    Le J.I.P. Algérie, 40 ans après

- Notre ancienne revue :
    La trame des jours

- Contact

- Bulletin d'adhésion

 

Maïssa Bey avait déjà publié un recueil de nouvelles en 1998, " Nouvelles d'Algérie ", alors que le pays était en pleine guerre civile. Dans ce recueil, les héroïnes étaient des femmes algériennes victimes de la barbarie et du poids des traditions et ce livre était déjà un combat, celui de tous ceux qui se dressaient contre l'intolérance et la terreur.
 Quatre ans après, Maïssa Bey publie un nouveau recueil de nouvelles. Et l'on y retrouve les thèmes qui lui sont chers, liés à l'histoire et à la situation actuelle de son pays. Elle n'hésite pas à revenir vers les années de plomb, en nous racontant le calvaire vécu par une jeune Algérienne violée, torturée, dont toute la famille a été décimée et qui en plus, éprouve un sentiment de culpabilité quand elle découvre qu'elle est enceinte : " Si mon père et mes frères étaient encore en vie, ils m'auraient tuée. Pour ne pas avoir à affronter le déshonneur… J'ai déshonoré ma  famille ".
 Comment oublier ces années de terreur quand des Algériens massacraient d'autres Algériens ? Comment oublier aussi ces années plus lointaines, celles de la guerre d'indépendance, évoquées à travers les lignes d'un journal trouvé au fond d'un tiroir et rappelées surtout à travers le témoignage d'une petite fille, quand la guerre a fait irruption un matin dans sa maison et que son père a été emmené à jamais, son père instituteur, comme l'était le père de Maïssa, lui aussi mort sous la torture.

 
 Les autres nouvelles sont essentiellement des portraits de femmes algériennes qui aiment, souffrent et luttent pour leurs droits, qui subissent le poids de la tradition et la domination masculine, mais qui aussi savent trouver des espaces de liberté et des solutions pour fissurer le mur de cette domination masculine :
 C'est cette mère, femme délaissée, " corps jamais désiré seulement pris ", qui n'a connu que sept jours de gloire dans sa vie, les sept fois où elle a donné naissance à un garçon, et qui avant de mourir, est envahie d'une intense jubilation : elle va connaître à nouveau un jour de gloire parce que , quand une personne meurt, tout un cérémonial est mis en place, ce sont les convenances qui l'exigent et sa famille ne pourra se dérober.

 C'est cette épouse qui fait taire sa révolte quand son mari lui impose une autre femme à la maison : elle refuse le statut de victime et triomphe de la goujaterie de son mari en acceptant dans sa maison la nouvelle venue même si elle n'a guère le choix : la répudiation est la pire des choses pour une femme, surtout quand elle a un enfant, et qui plus est, une fille.
 C'est la narratrice de cette nouvelle nommée " Nonpourquoiparceque ", où Maïssa qui n'a pas oublié qu'elle fut professeur de français, nous fait un cours de grammaire sur l'emploi du " parce que ", ce " parce que - Point - Silence " auquel se cogne la jeune narratrice, inévitable réponse à toutes ses demandes, questions sans réponse qui a fait d'elle une spécialiste du mensonge et de la dissimulation, pour arriver à vivre normalement.

 
 La femme algérienne qui semble plier sous le joug masculin, on la trouve déjà dans la première nouvelle qui donne son nom au livre . Histoire d'un couple : une femme apparemment soumise, docile, domptée par un mari dominateur, semblable à tous les hommes " bardés de certitudes séculaires, pénétrés de leur force, de leur vérité. Puissance d'homme. Jamais remise en cause ". Mais cette domination n'est-elle pas un leurre ? Comment parvient-elle à s'échapper, à trouver sa liberté ?

(Présentation : Anne-Marie Smith)