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Lectures partagées Année 2017-2018

C'est Elizabeth Thuriet qui a relancé en 2014-2015 et organisé à Littera des rencontres de lecteurs sous le nom "Lectures partagées". Une activité appréciée à côté des livres nomades pour permettre aux lecteurs de faire de belles découvertes de lecture et de les partager avec les autres.

Littera 05 vous invite donc à venir aux dates ci-dessous, présenter un livre , actuel ou ancien, que vous aimeriez partager avec d'autres amoureux de la lecture .Vous pouvez aussi venir seulement pour écouter .


Elizabeth rappelle que sans avoir d’obligation quant à la façon de faire connaitre un livre, il peut être utile de rappeler, en quelle année il a été écrit et peut être quelques mots sur l'auteur, histoire de le situer pour ceux qui ne le connaitraient pas. Une lecture d’un bref extrait aide aussi à donner une idée du style de l’auteur, mais toute latitude est laissée au « présentateur »

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Dates des Lectures partagées à Gap, à 18h

à la Nouvelle Librairie

6 Cours Victor Hugo

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jeudi 5 octobre

jeudi 9 novembre

jeudi 7 décembre

jeudi 11 janvier

jeudi 1e février

jeudi 15 mars

Jeudi 5 avril

jeudi 7 juin

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Lectures Partagées à Gap le 5 avril

Nous étions 7 pour cette séance à la Nouvelle Librairie.

Nous avons mêlé livres récents et anciens.

Laurine Roux « Une immense sensation de calme » Le sonneur 2018

Premier roman, mais l'auteure a déjà écrit des nouvelles dont certaines ont été primées .

Quelque chose entre le conte et le récit, mais qui ne bascule jamais dans la science fiction. Une ode à la nature. Très prometteur.

Alice Zeniter « L'art de perdre » Flammarion 2017

On en a déjà parlé à Lectures Partagées et comme chaque fois la lectrice qui le présente est conquise, alors qu'elle avait quelques préventions avant de le commencer.

Dino Buzzati « Le désert des tartares » Robert Laffont1949

A la frontière entre « le royaume » et « l'état du nord » des territoires séparés par le désert des Tartares. Un grand classique de la littérature qui met en avant la fuite du temps et l'injustice.

Ce texte a donné lieu à un film et à une pièce de théâtre, sans compter les chansons et romans qu'il a inspirés.

Eric Faye « Eclipses japonaises » Le Seuil 2016

Entre 1960 et 1980 un certain nombre de disparitions ont lieu qui ont comme théâtre la Corée du Nord . Eric Faye tisse un récit faussement neutre de ces vies . Un livre déstabilisant

Martin Suter : « Éléphant » Christian Bourgois 2017

Un conte fantastique qui mêle génétique (la naissance d'un minuscule éléphant rose!) , le sacré et la bonté

Anne Godart « Une chance folle » Ed de minuit 2017

Brulée quand elle était bébé Magda sait tout sur cet accident par les explications incessantes de sa mère qui ne cesse de lui en parler. Ce qui intéresse surtout la romancière c'est ce qui se passe à l'intérieur, ce qui va permettre à Magda d'exister et de se réapproprier son histoire et sa peau, toute brulée soit-elle.

Han Kang « Leçons de grec » Serpent à plumes 2017

Elle a perdu la voix après une séparation difficile, elle suit des leçons de grec ancien à Séoul. Lui a une peur panique de perdre la vue, il enseigne le grec ancien.

Ces deux êtres isolés par le handicap vont se côtoyer et se lier peu à peu.

Un roman délicat, sensible pas facile à lire et d'un rythme très lent mais très poétique

Cedric Gras « Anthracite » Stock 2016

Le Donbass, l'Ukraine en 2014 quand la révolte gronde.

Entre guerre civile et mines d'anthracite, deux amis d'enfance traversent leur région natale dans un road trip tragi-comique

 

Lectures partagées du 15 mars 2018 à la Nouvelle Librairie.

12 participants.

Ma reine de Jean-Baptiste ANDREA - L'Iconoclaste, 2017

C'est un premier roman, sorte de conte ou de fable sur la différence avec une écriture poétique et tendre.

On est dans la tête d'un gamin de 12 ans solitaire parce qu'il n'est pas comme les autres, n'arrive pas à se concentrer, ne va plus à l'école, n'a pas d'amis. Il aide ses vieux parents dans leur station-service obsolète, remplissant le réservoir d’essence des rares clients, vêtu de son blouson Shell, devenu son surnom. Shell sait qu’un jour prochain on viendra le chercher pour le placer dans un institut, il décide de partir faire la guerre car, pense-t-il, combattre est le meilleur moyen de devenir un homme. Mais nous sommes en 1965, en Provence, et quand le gamin prend le maquis, il ne trouve ni bataille ni ennemi derrière la montagne, juste la beauté du paysage et une fille mystérieuse Viviane qu'il trouve sublime et dont il fera sa reine…

Le pas du lynx de Joana de Fréville - Les Allusifs, 2015

Afin d'honorer un étrange contrat, un peintre et une jeune photographe se retrouvent chaque soir pour danser en silence. Deux solitaires, deux âmes blessées qui vont s'accorder sur des pas de danse, se dévoiler peu à peu au rythme du tango. L'écriture est sensuelle, sensorielle, un langage des corps émouvant et syncopé.

– Le mystère Henri Pick de David Foenkinos - Poche Folio, 2018

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Parmi eux, une jeune éditrice pense découvrir un chef d'oeuvre écrit par un certain Henri Pick. Dans les environs, la seule personne répondant à ce patronyme est décédé récemment et, d'après sa veuve, n'a jamais lu un livre de sa vie, ni écrit autre chose que des listes de courses. Aurait-il eu une vie secrète ? Plusieurs existences vont être bouleversées par cette recherche de vérité au gré d'une enquête littéraire pleine de suspence et d'humour.

– Little América d'Henry Bromell - Gallmeister, 2017

Mack Hopper, agent de la CIA, arrive au Korach en 1957 avec sa femme et leur fils Terry. Sa mission est de tisser des liens avec le jeune roi de ce pays sans ressources, mais déterminant pour l’influence américaine au Moyen-Orient. Il se rapproche peu à peu du souverain plein de charme jusqu’à ce que ce dernier soit mystérieusement assassiné. Quarante ans plus tard, Terry, devenu historien, entreprend des recherches sur ce qui s’est passé au Korach. Petit à petit, il explore souvenirs et archives de cette petite Amérique du bout du monde pour trouver la clé du mystère qui entoure la mort du roi et, surtout, découvrir quel fut le rôle de son père dans cette affaire.

Little America questionne la politique étrangère américaine, mais ce roman envoûtant met surtout en scène la quête d’un fils cherchant à comprendre qui est réellement son père.

– M pour Mabel de Helen MacDonald - Fleuve Editions, 2016

Helen, ayant toujours rêvée de fauconnerie, confrontée à la mort subite de son père qu'elle n'arrive pas à accepter, se consacre au dressage d'un autour, oubliant dans cette expérience sa part d'humanité pour se rapprocher au plus près des sensations, des sentiments et de la sauvagerie de l'oiseau. Le chemin de la reconstruction sera long, douloureux, tendre et onirique.

Récit initiatique, nature writing, autobiographie, biographie d'un célèbre écrivain anglais T.H. White, auteur de « la quête du roi Arthur », méditation philosophique, résilience, élégie, critique de la bonne société anglaise.... On trouve tout cela et plus encore dans ce livre foisonnant et fascinant.

– 54 X 13 de Jean Bernard Pouy - L'Atalante Editions, 2016

Dans la dix-septième étape du Tour de France, Lilian Fauger, un jeune coureur dunkerquois, s'échappe contre toute attente du gros de la troupe avec une telle hargne qu'il va faire le trou. Alors Lilian gamberge : si c'était son jour, son étape ?

Et quand derrière, la chasse est lancée, il n'est plus qu'un fuyard, un évadé qui voit revenir sur ses traces une sorte de peloton d'exécution.

À quoi pense un homme seul dans l'effort et la douleur qui monte ?

C'est la question que pose Jean-Bernard Pouy dans ce roman : quatre heures de l'histoire d'un coureur cycliste. Quatre heures : une vie ; un suspense. Un roman noir aussi. Car le Tour, c'est encore les équipes – celle de Lilian s'est construite de bric et de broc – les sponsors, l'argent, la télé – « le sport à la télé »..
Pédale, camarade, le vieux monde est derrière toi... Car petit à petit, il y a le réel qui te rattrape avec son cortège de souffrance, de malheur, de petites mesquineries et de vraies embrouilles... » Extrait du Code Wegmuller.

C'est tout à la fois drôle, tendre et cruel. !

– Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre - Le livre de poche, 2015

Sur les ruines du plus grand carnage du XX° siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts...

Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu.

Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

Prix Goncourt, adaptation cinématographique, BD, ce livre a connu un succès retentissant et mérité. Il est à la fois terriblement réaliste et poétiquement jubilatoire.

– Le pavillon du thé de Richard Collasse - Le Seuil, 2017

1986. Une nuit d'hiver, à la veille du nouvel an, au coeur d'un vieux quartier perdu de Tokyo, dans le pavillon qu'il a fait construire au fond du jardin de sa maison, un homme pratique en solitaire la cérémonie ancestrale de la Voie du Thé. C'est un Français. Il vit au Japon depuis plus de vingt ans. Jeune diplomate nommé à l'ambassade de France, il a quitté son poste pour un métier plus lucratif, mais qui l'ennuie. Sa vie tourne désormais uniquement autour de la Cérémonie du Thé, qu'il a étudiée avec les plus grands maîtres. Il a aussi entretenu, dans les années soixante, une liaison clandestine avec une Japonaise, descendante d'une lignée prestigieuse de samouraïs, ce qui, dans la tradition nippone, la rend totalement inapprochable. Et quand la jeune femme s'est volatilisée, nul n'a songé à interroger ce Français, ni à sonder ses secrets... jusqu'à présent.

Gabrielle de Anne et Claire Berest - Stock, 2017

En quête de vérité sur Gabriële Buffet-Picabia, leur arrière-grand-mère maternelle, qu’elles n’ont pas connue et dont leur mère refuse de parler, Anne et Claire Berest, toutes deux écrivaines, se sont adonnées à un travail de recherche approfondi passionnant et sensible. Elles ont lié les diverses documentations, libéré leur ressenti, entrelacés leurs mots et délivré un récit biographique aux allures de roman.

Écrire pour éclairer une filiation obscure. Remonter le temps pour se glisser au plus près de Gabriële et du peintre Francis Picabia son mari, tenter de percer à jour les relations complexe de ce couple, pénétrer et naviguer dans les courants artistiques du début du XXème siècle. Écrire pour rompre le silence, relier et comprendre. Retracer la vie de Gabriële ; sa personnalité, son esprit, ses affinités, son cheminement de femme d’épouse de mère d’inspiratrice et de théoricienne de l’art moderne, ses voyages, ses compagnons de route, son influence…

En 1898, intelligente et volontaire, Gabriële qui ne peut pas entrer au conservatoire – alors interdit aux femmes -, parvient à s’inscrire à la Schola Cantorum dirigée par Vincent d’Indy – école avant-gardiste – pour devenir compositrice de musique. Elle y consacrera plusieurs années de sa vie jusqu’à sa rencontre avec Francis Picabia en 1907, alors peintre impressionniste. Fascinée par le personnage – à l’époque, en pleine remise en question de son art – Gabriële laisse la musique pour s’abandonner complètement dans les bras et l’œuvre de Picabia. Ils se marient et elle sera à ses côtés jusqu’à la mort du peintre en 1953.

Gabriële lui sera indispensable dans son parcours artistique lui infusant ses idées et ses pensées.

Ainsi, nous suivons les pérégrinations des Picabia à travers les bouleversements intellectuels et artistiques de ce début de XXème siècle – fauvisme, cubisme, orphisme, dadaïsme, surréalisme… -, nous voyageons avec eux de salon en salon, de Paris à New-York, de Barcelone en Suisse, nous croisons Marcel Duchamp Guillaume Apollinaire Man Ray Isadora Duncan Edgar Varèse Pablo Picasso Alfred Stieglitz Marius de Zayas Walter Arensberg Marie Laurencin… nous assistons à la naissance d’œuvres de galeries et de revues…

Le couple Picabia aura quatre enfants dont ils ne s’occuperont pas, emportés tous deux par le tumulte et l’enivrement artistique. Gabriële porte et materne son mari, le rassure, le soigne – Picabia était sans doute bipolaire -, l’inspire, le valorise. Seul l’art est digne d’intérêt à leurs yeux, ils ne regarderont pas leurs enfants grandir, ils ne verront rien de la première guerre mondiale. Complètement centrés sur l’Art Moderne et la grande famille des artistes qui les entoure.

Ce livre écrit à quatre mains dessine le portrait d’une femme fascinante et invite à une promenade passionnante dans le monde de l’art. Les mots d’Anne et Claire Berest qui s’unissent pour ne faire qu’une seule voix sont infiniment sincères et touchants.

 

Lectures partagées du 1er Février 2018 à la Nouvelle Librairie.

Il a neigé ce matin et la Passerelle propose un spectacle à 18h. Ces deux raisons sont-elles suffisantes ? En tous cas, nous ne serons que quatre à cette séance de LP. Quatre qui ont, selon les cas, lu des livres qui sortent de l'ordinaire ou relu d'anciens classiques.

Dans la catégories livres ressuscités :

Françoise Sagan - « Toxiques » - 1ere édition en 1964 réédité en 2009

C'est le journal, illustré par Bernard Buffet (on aime ou on n'aime pas) de la cure de désintoxication qu'elle a suivie après un accident où elle a du absorber beaucoup de morphine. Elle est en hôpital psychiatrique. Elle conjugue à la fois un certain flegme et une peur horrible de la souffrance. Ce livre n'est pas vraiment écrit. Ce sont des annotations au sujet de certains mini évènements ou de sentiments qui la traversent.

Graham Green - « Un américain bien tranquille » - Robert Laffont 1967 réédité en 2003

Ce roman relève de plusieurs genres : Au début ce serait presque un mélo. Un anglais (le narrateur) est à Saigon avec sa petite amie indochinoise. Arrive un jeune américain qui devient le rival de l'anglais. Mais c'est aussi un roman de guerre, l'anglais et l'américain sont à Saigon parce qu'on est en pleine guerre d'Indochine. C'est aussi un polar : on retrouve le cadavre de l'américain qui flotte au fil de l'eau. Mais c'est surtout une belle réflexion , pleine d'un humour désabusé sur la vie, l'amour et la guerre. Le style de G.Greene n'a pas vieilli.

Dans la catégorie livres qui sortent de l'ordinaire :

James Noël - « Belle merveille » - Ed Zulma 2017

Roman écrit par un poète, suite au tremblement de terre qui a ravagé Haiti . Le narrateur après ce séisme réel et psychologique rencontre une belle napolitaine qui travaille pour une ONG. IL part à Rome avec elle pour vivre en Italie. Jusque là quelque chose de simple, mais là où ça se complique c'est dans la construction du livre et de son style. Il est écrit de façon déroutante, de courts paragraphes qu'on pourrait presque lire dans n'importe quel ordre. Certains moments sont très durs. Vraiment pas un roman ordinaire.

Richard Wagamese - « Les étoiles s'éteignent à l'aube »

L'auteur est un indien du Canada et nous conte une histoire de là bas. Un père qui n'a pas élevé son fils, demande à ce dernier de l'accompagner sur les lieux qu'il a choisis pour mourir. C'est en marchant vers ce lieu que la rencontre se fait petit à petit entre ce père qui est un alcoolique notoire, une épave, et ce fils qui peu à peu va découvrir qui est son père. « Livre de nature writing. Livre de transmission. Des traditions du peuple Ojibwé » ai je lu dans des critiques

Hernan Rivera Letellier - « La raconteuse de films » -Metallié 2013

Un auteur chilien prolifique qui nous parle généralement de son Atacama natal. C'est le cas ici, avec cette histoire d'une famille pauvre où le père instaure un concours entre ses enfants pour savoir lequel est le plus apte à raconter un film qu'il a vu. Le gagnant ira au cinéma et racontera les films à sa famille. Le gagnant est une gagnante et elle raconte tellement bien que son auditoire n'est pas seulement la famille mais le village.

Miguel Bonnefoy - « Le voyage d'Octavio » - Rivages 2015

Premier roman d'un auteur vénézuélien qui nous raconte la grande histoire du Venezuela à travers les tribulations épiques d'un paysan inculte Octavio, un géant débonnaire. Une histoire très sud américaine, mêlant le réalisme et l'onirisme.

Et presque classique

Andrei Makine - « L'archipel d'une autre vie » - Seuil 2016

Une magnifique fresque de la taïga à travers le récit d'une traque d'un prisonnier par un groupe hétéroclite. Un récit qui pourrait être insupportable de par la cruauté de certains épisodes, mais où tous les passages durs sont seulement évoqués et sont toujours équilibrés par une touche, parfois surprenante, d'humanité

 

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Lectures partagées du 11 janvier 2018 à la Nouvelle Librairie.

9 participants.

Eclipses japonaises -Eric Faye - Le Seuil, 2016

En 1966, un GI américain s'évapore lors d’une patrouille dans la zone démilitarisée, entre les deux Corées.
À la fin des années 1970, sur les côtes japonaises, des hommes et des femmes, de tous âges et de tous milieux, se volatilisent. Parmi eux, une collégienne qui rentrait de son cours de badminton, un archéologue qui s'apprêtait à poster sa thèse, une future infirmière qui voulait s'acheter une glace. « Cachés par les dieux », ainsi qualifie-t-on en japonais ces disparus qui ne laissent aucune trace, pas un indice, et qui mettent en échec les enquêteurs.

En 1987, le vol 858 de la Korean Air explose en plein vol. Une des terroristes, descendue de l'avion lors d'une escale, est arrêtée. Elle s'exprime dans un japonais parfait. Pourtant, la police finit par identifier une espionne venue tout droit de Corée du Nord.

Tous ces personnages, vont se croiser, se connaître, certains intimement, des connivences se créer au gré de la plume d'Eric Faye qui nous permet d'approcher la vie de ces « évaporés », La force du roman tient autant à l’imbrication subtile des destins qu’à la manière fluide de les narrer, passant d’un point de vue à l’autre, d’un être ballotté à l’autre, et le lecteur sera sidéré par cet épisode de l'histoire aussi réel qu'invraisemblable.

Neverhome - Laird Hunt - Babel, 2017

Lorsque la guerre de Sécession éclate, une jeune paysanne de l'Indiana, forte et déterminée, Constance Thomson, part au front à la place de son époux bien aimé à la santé trop fragile. Travestie en homme, la robuste Constance, poitrine bandée, cheveux coupés, chapeau enfoncé sur les yeux, devient le soldat Ash Thompson., "Gallant Ash ",pour avoir donné sa veste à une femme, elle fait merveille avec son "Springfield 1861"à percussion. Une très belle écriture où la nature berce les âmes et se montre au gré des combats enchanteresse, carnassière, violente ou périlleuse ! C'est à travers les yeux de Constance que nous voyons la guerre, la vie brisée des hommes au combat. C'est à travers ses mots, ceux qu'elle écrit à son mari, que nous soupçonnons ce qu'elle traverse.

Dans ses lettres, elle raconte son quotidien de soldat, l'horreur des batailles, l'absurdité des vies perdues pour une cause qu'elle ne comprend pas vraiment. Elle s'engage aussi dans un dialogue intérieur avec sa mère, disparue depuis quelques années. Son ombre l'accompagne dans sa longue errance dans une campagne dévastée lorsqu'elle perd son régiment.

Un beau portrait au souffle puissant , une forme d'épopée aux frontières du réel ,qui montre la fragilité des certitudes, où les esprits des morts, notamment la mère de Constance viennent hanter les êtres qui se nourrissent de souvenirs. Constance,courageuse, frondeuse, farouche et lumineuse est plongée dans le chaos de la guerre et les sordides coulisses des champs de bataille !

« J'étais forte, lui pas, ce fut donc moi qui partis au combat pour défendre la République, nous étions à peu près de la même taille, mais lui était fait de paille et moi d'acier ».

«Aujourd'hui encore je lèverais mon arme contre le premier rebelle se présentant à mes yeux, mais le spectacle de cette rangée de cavaliers superbes, vous arrivant dessus à travers la fumée était fort beau à voir. Il y avait dans cette charge la part du Sud qui valait la peine d'être sauvée. Pas la part des maîtres qui utilisaient des esclaves pour leur gratter le dos et faire leur lit, travailler leurs terres, construire leurs demeures, les fouetter quand l'envie les en prenait. Non, c'étaient ces cavaliers, courbés sur leur monture, pistolet au poing, sabre brandi. Ils ressemblaient à des chevaliers. Comme si ce n'était pas de la poudre qui leur noircissait le visage mais le sombre foulard d'une dame en guise de manches. »

Les Huit Montagnes - Paolo Cognetti - Stock, 2017

Dans le Val d’Aoste, l’histoire d’une amitié indélébile entre deux enfants, l’un citadin, l’autre montagnard. Un roman initiatique poignant.
Récompensé par le prix Strega (sorte de Goncourt italien), Les Huit Montagnes, de Paolo Cognetti (né en 1978), est une histoire d’amitié, de filiation, de formation. Mais ce beau roman est sans doute d’abord une déclaration d’amour à la montagne, au Val d’Aoste, aux heures passées à dévaler les sentiers de pâturage ou grimper vers les sommets. Pietro, l’enfant solitaire de Milan, et Bruno, le gamin farouche de l’alpage, sont devenus amis, naturellement. A 11 ans, Bruno connaît tous les creux des torrents où les truites viennent se cacher en ondulant et les emplacements des précieux refuges. Parfois, le père de Pietro emmène les deux garçons plus haut, là où le mal des montagnes se fait sentir et où le brouillard inquiète les derniers de cordée. Mais, pour les deux enfants, les heures les plus marquantes restent celles des longues marches côte à côte sur les sentiers râpés par la sécheresse de l’été. Des années durant, le petit Milanais reviendra au village de Grana, pour repartir et ressentir à nouveau la nostalgie des cimes.
Cependant, Les Huit Montagnes n’est pas une simple histoire de copains qui grandissent, se construisent et s’éloignent peu à peu l’un de l’autre, c'est aussi la difficile relation d'un fils avec son père qui préfère le silence aux élans du cœur.

L'avancée de la nuit -Jakuta Alikavazovic - L,Olivier, 2017

Une héroïne envoutante, femme enfant, femme mystérieuse, fatale, la rousse Amélia est l'héroïne sur le fil, entre folie et flamboyance, du quatrième roman de Jakuta Alikavazovic, L'Avancée de la nuit (Prix du Zorba 2017). Avant de rencontrer Amélia sur le campus, Paul a beaucoup entendu parler de cette étudiante énigmatique qui vit à l’hôtel. Contrairement à elle, Paul doit travailler pour payer ses études d’architecture : il est surveillant de nuit dans un hôtel, justement celui où loge la jeune femme. Lorsqu’il la voit pour la première fois, il la trouve déconcertante mais irrésistiblement attirante. Amélia est magnétique, à peine sortie d’une enfance ballottée entre une mère bohème d’origine yougoslave et un père riche industriel. Les jeunes gens vivront une passion amoureuse incandescente, avant qu’Amélia ne disparaisse sans laisser de traces. Paul ne s’en remettra jamais ; il prend sa revanche sociale en devenant un brillant architecte, jusqu’au jour où son premier amour reparaît…. Avec ce récit noir et solaire sur fond de fantômes intimes et collectifs, où passe l'ombre de la guerre des Balkans, l'auteur signe un roman virtuose, les phrases sont belles, enveloppées de mystère, de peur, de folie.

"Il faudrait rendre son obscurité à la nuit.

Elle était de ces gens qui détruisent tout et appellent ça de l’art.

Amélia était déjà qui elle était; ce qui à l’époque sembla une bénédiction à Paul, avant de lui apparaître, avec le temps, comme une tragédie. Elle était déjà qui elle était : il ne lui restait donc plus qu’à se défaire.

J’avais autre chose à faire que d’être amoureuse. Etre amoureuse, c’est une façon de ne pas vivre. »

"Avant de retrouver ma mère et d’échouer, dit Amélia, je n’avais pas compris à quel point tout est relatif. A quel point on peut être à la fois vivante et morte. »

"Paul l’avait aimée et il n’avait aimée qu’elle, et même lorsqu’il disait ne pas l’aimer, lorsqu’il ne voulait pas l’aimer, il l’aimait encore. Elle était le coeur qui battait dans sa poitrine, ce coeur puissant, en apparence infatigable, quand elle, Amélia, était si fatiguée.»

Le chant de la Tamasee - Ron Rash - Points, 2017

Ron Rash parvient une nouvelle fois dans ce roman à peindre la nature sauvage avec lyrisme, à décrire subtilement la difficulté de pardonner et à rendre un hommage tout en sensibilité au peuple des Appalaches. Le roman est magnifique. La Tamasee est belle, sauvage, ombrageuse, imprévisible . Elle coule entre de hautes falaises et des forêts . C'est un paradis pour rafting ou canoë mais elle est aussi dangereuse surtout lorsque ses eaux sont calmes au pied des chutes avec ses redoutables courants dont se jouent les truites . Elle est le personnage principal de la tragédie qui nous est contée là.

Une petite fille est morte noyée emportée par le courant, son corps inaccessible sous un rocher. Pour le repêcher, il faut enfreindre la loi fédérale qui protège la rivière. La réflexion sur la neutralité de la presse est posée au travers du pouvoir des mots et des photos. Débat cornélien. Les fêlures et douleurs de chacun font écho à la douleur des parents. « le chant de la Tamasse » repose sur un dilemme qui ne peut trouver de solution : des parents effondrés qui souhaitent récupérer le corps de leur fille pour faire leur deuil et font face aux militants écologistes pour qui la préservation de ce milieu naturel prime sur toute autre considération et qui craignent que la création d'un précédent ouvre la voie à de nouvelles détériorations. Qui va l'emporter dans les débats publics? Le journaliste qui couvre cette actualité a lui-même vécu un drame familial et se trouve prisonnier de son empathie pour les parents. Luke, le meneur est lui fermé sur son idéologie, à ses yeux, la Tamassee est sacrée. Maggie, qui a lutté pour la préservation du caractère sauvage de la rivière dans sa jeunesse, se montre moins convaincue. Ron Rash n'impose rien, c'est au lecteur de choisir.

Wolf Cliff est un lieu où la nature s'est donné un mal fou pour que les humains se sentent insignifiants. La falaise elle-même, c'est soixante mètre de granite qui dominent la gorge. Une fissure balafre sa face grise tel un fragment d'éclair noir incrusté là. La rivière se resserre et devient plus profonde. Même l'eau qui paraît calme y est rapide et dangereuse. Au milieu de la rivière, cinquante mètres au-dessus de la chute, un hêtre aussi gros qu'un poteau téléphonique repose comme un ponceau en équilibre sur deux rochers de la hauteur d'une meule de foin. Une crue de printemps l'avait déposé là douze ans auparavant.

Le monde à l'endroit - Ron Rash - Points, 2013

Travis Shelton, 17 ans, découvre un champ de cannabis en allant pêcher la truite au pied de Divide Mountain, dans les Appalaches. C'est un jeu d'enfant d'embarquer quelques plants sur son pick-up. Trois récoltes scélérates plus tard, Travis est surpris par le propriétaire, Toomey, qui lui sectionne le tendon d'Achille, histoire de lui donner une leçon. Mais ce ne sera pas la seule de cet été-là : en conflit ouvert avec son père, cultivateur de tabac intransigeant, Travis trouve refuge dans le mobile home de Leonard, un prof déchu devenu dealer. L'occasion pour lui de découvrir les lourds secrets qui pèsent sur la communauté de Shelton Laurel depuis un massacre perpétré pendant la guerre de Sécession. Confronté aux ombres troubles du passé, Travis devra également affronter les épreuves du présent. Le père, Toomey, Leonard, trois figures qui incarnent chacune une forme d'autorité masculine, vont tragiquement façonner son passage à l'âge d'homme.
Là encore, la nature a une place prépondérante.

Incandescences - Ron Rash - Points, 2016

Le plus sombre sans doute des récits de Ron Rash.

Les douze nouvelles de ce recueil sont des portraits de désespoir rural, des tranches de vie oblitérées par la misère, le manque d'éducation, la drogue. Situées dans le décor sauvage et magnifique des Appalaches, déjà rencontré dans Le Monde à l’endroit et Une terre d’ombre, elles évoluent entre l’époque de la guerre de Sécession et nos jours. Elles décrivent avec une compassion affligée et lucide de pathétiques gestes de survie, une violence quotidienne banalisée par la pauvreté, des enfants sacrifiés par leurs parents au culte de la meth ou des actes meurtriers commis sous couvert de bonnes intentions. Elles parlent aussi de vieux mythes et des croyances qui perdurent dans cette contrée imperméable au progrès et à la modernité.

À mi-chemin entre le minimalisme de Raymond Carver et le gothique de William Faulkner, Ron Rash écrit une prose d'une noirceur poétique, laissant par instants entrevoir un éclair d'humanité même chez les êtres les plus endurcis.

Ian Mac Ewan

Nous avons évoqué plusieurs livres de cet auteur anglais et particulièrement :

L'intérêt de l'enfant :

A l'âge de cinquante-neuf ans, Fiona Maye est une brillante magistrate à la Haute Cour de Londres où elle exerce en tant que spécialiste du droit de la famille. Passionnée, parfois même hantée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack. Surtout depuis cette nouvelle affaire : Adam Henry, un adolescent de dix-sept ans atteint de leucémie, risque la mort et les croyances religieuses de sa famille interdisent la transfusion sanguine qui pourrait le sauver. Avant de rendre son jugement, Fiona décide soudainement de se rendre à l'hôpital pour rencontrer Adam. Mais cette entrevue, au cours de laquelle elle découvre un jeune homme romantique, poète et musicien, la trouble. Désormais impliquée personnellement, la magistrate décide de tout faire pour sauver Adam. Seulement sa décision n'est pas sans conséquences et elle se retrouve unie au garçon par un lien étrange qui pourrait bien causer leur perte.

Dans ce court roman, Ian McEwan allie avec justesse la froideur de la justice à la poésie et à la musicalité qui imprègnent la vie des personnages. Dans un style limpide, il construit une de ces ambiances oppressantes dont il a la clé et fait preuve d'une complexité thématique impressionnante. A la lecture, les certitudes se dérobent : où s'arrête et où commence l'intérêt de l'enfant ?

– L'ordre du jour -Eric Vuillard - Actes Sud, 2017 - Prix Goncourt 2017

L’Ordre du jour est un livre d’une puissance sidérante dans sa simplicité. En 160 (petites) pages, il montre comment « les plus grandes catastrophes s’annoncent souvent à petit pas » et « soulève les haillons hideux de l’histoire » pour raconter la marche vers l’abîme de l’Europe à travers deux moments.

Le premier, c’est une réunion du 20 février 1933, où vingt-quatre puissants patrons allemands (Krupp, Opel, Siemens…), reçus par Hermann Göring et Adolf Hitler, devenu chancelier un mois plus tôt, sont exhortés à financer la campagne du parti nazi pour les législatives, et s’exécutent. « Ce moment unique de l’histoire patronale, une compromission inouïe avec les nazis, n’est rien d’autre pour les Krupp, les Opel, les Siemens, qu’un épisode assez ordinaire de la vie des affaires, une banale levée de fonds. Tous survivront au régime et financeront à l’avenir bien des partis à proportion de leur performance », écrit, grinçant, l’auteur.

Le deuxième moment, celui auquel il se consacre le plus longuement, c’est l’Anschluss, l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, le 12 mars 1938. Il remonte en réalité un mois plus tôt, à la rencontre entre Adolf Hitler et le chancelier autrichien Kurt von Schuschnigg ; le 12 février, à Vienne, note Vuillard, « c’est carnaval : les dates les plus joyeuses chevauchent ainsi les rendez-vous sinistres de l’histoire ».

Une Odyssée - Daniel Mendelsohn - Flammarion, 2017

Lorsque Jay Mendelsohn, âgé de 81 ans, décide de suivre le séminaire que son fils Daniel consacre à l’Odyssée d’Homère, père et fils commencent un périple intellectuel et émotionnel de grande ampleur. Croisant les thèmes de l’enfance et de la mort, de l’amour et du voyage, de la filiation et de la transmission, ce livre est le récit poignant de la redécouverte mutuelle d’un fils et d’un père.
Le mélange des genres dans ce récit, riche en anecdotes cocasses ou tendres, rend l'analyse littéraire passionnante, et l'exploration du rapport père-fils très émouvante. Daniel Mendelsohn trace un parallèle constant entre les deux : son histoire familiale et les aventures d'Ulysse, montrant avec autant de simplicité que d'efficacité que la première est éclairée par les secondes. Il est fascinant de constater combien par le biais de la fiction on peut explorer les plus intimes parties de nos vies et les secrets et les mieux gardés de nos âmes. En ce sens, tout ce qu'il nous raconte de son père par le biais de l'Odyssée est universel, et l'on mesure à quel point les mythes et les histoires éclairent nos vies en leur donnant du sens.

– Portrait de George - Emmelene Landon - Actes Sud, 2014

Dans un catalogue consacré aux oeuvres d'Emmelene Landon, on chercherait en vain les portraits qu'elle attribue à l'artiste nommée "George". En effet c'est au roman, et donc aux mots, qu'il appartient d'imaginer et de décrire les visiteurs et les tableaux qui sous nos yeux se succèdent et s'accomplissent. Peindre, c'est d'abord écouter, dévisager, envisager et transcrire ce qu'au gré des saisons viennent raconter d'eux-mêmes de singuliers personnages. Et s'il est également question de botanique, de cartographie, de voyages, d'urbanisme, de psycho-géographie, c'est que George interroge et pratique son art sans jamais l'isoler de tout un écosystème de réflexions sur l'espace, la nature, ou encore l'empreinte de l'homme sur le paysage. L'atelier n'est pas un cloître. Dans ces pages il s'ouvre au monde, même s'il demeure un lieu propice au "temps long", à la patience et à la méditation. D'où la dimension poétique et même spirituelle de ce roman qui fait de la création un mode de vie, et qui propose une inimitable célébration du bonheur de peindre.

Revue AMERICA

America », c’est une revue trimestrielle qui a pour but de décrypter l'Amérique sous la présidence de Donald Trump. Le directeur de la rédaction est François Bunuel et le directeur de la revue, Eric Fottorino, Le N° 4 vient de paraître, 16 numéros sont prévus au total. Drôle de revue qui prévoit déjà son extinction. On y trouve d'excellents articles, des interviews, interviennent les plus grands auteurs américains, Toni Morrison et Louise Erdrich dans le N° 1, Don de Lillo dans le N° 2, James Ellroy dans le N° 3, Paul Auster dans le N° 4 et bien d'autres.
Tous les reportages sont passionnants, plus qu'un journal, une revue littéraire et politique qui permet de comprendre ou de compatir à la vie des américains ayant élu Trump pour quatre longues années.

Lectures Partagées Gap le 7 Décembre 2017

5 personnes.

Ron Rash « Par le vent pleuré » Le Seuil, 2017

Eugène, 60 ans, un écrivain raté, alcoolique, se souvient de l'été 1969. Etait arrivée à Silva, petite ville des Appalaches, une fille nommée Ligeia. Son frère Bill et lui l'avaient aperçue, nue, en train de se baigner dans la rivière. Très vite tous les deux sont tombés sous le charme de cette adolescente envoyée dans ce coin perdu par ses parents pour qu'elle échappe aux tentations de Miami. C'est l'été du Summer of love, le mouvement hippy qui n'était pas encore arrivé à Silva et c'est Ligeia qui va les initier à l'amour libre, la sexualité sans entraves et les outils qui vont avec : l'alcool et la drogue. Et puis un jour Ligeia disparait ....

Delphine Minoui « Les passeurs de livres de Daraya » Albin Michel 2006

Daraya, banlieue de Syrie, a subi quatre années de bombardements et d'attaques au gaz chimique. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, des jeunes ont décidé d'exhumer des milliers de livres ensevelis sous les décombres pour constituer une bibliothèque. Et tous se mettent à lire, aidés des conseils d'une journaliste française qui correspond avec eux par Skype. Ce livre montre avant tout le pouvoir de la littérature, cette arme de destruction massive qui fait trembler les puissants.

Naomi Wood « Mrs Hemingway » La table ronde, 2017

Cet ouvrage fait parler les quatre épouses successives d'Ernest Hemingway. Quatre mariages animés de passion et de tromperie. Quatre regards sur un même homme qui, l'âge aidant, va devenir de plus en plus imprévisible et dépressif. Quatre femmes qui, chacune à leur tour, voyaient leur amour leur échapper, essayaient de le retenir et devaient accepter de le voir partir avec sa nouvelle conquête.

Philippe Grimbert « Un secret » Grasset, 2007

Le narrateur de ce livre s'est inventé un frère, tel qu'il l'aurait voulu, beau et fort. Et un jour il va découvrir un terrible secret de famille qui va le ramener au temps de l'Holocauste

Les tendres plaintes. Yôko Ogawa - Actes Sud 2010 - poche Babel 2014
(un des livres nomades 2017-18)

La rencontre de trois êtres meurtris : une femme trompée qui a fui son foyer, un pianiste qui ne joue plus et fabrique avec patience et soin des clavecins et la jeune apprentie de l’artisan. Loin du monde, les saisons vont se dérouler au son des « Tendres plaintes » de Rameau.

Lectures Partagées Gap le 9 Novembre 2017

Situation totalement inédite pour une séance de LP : nous étions 17 et seulement 6 personnes ont présenté un ou plusieurs livres !

Joseph Boyden « Le chemin des âmes » Albin Michel 2006

Lors de la précédente séance la présentatrice avait parlé du 2e ouvrage de la trilogie de J.Boyden : « Les saisons de la solitude » paru en 2009. D'autres participants qui avaient tout lu de Boyden nous ont conseillé de lire en priorité « le chemin des âmes ». Il semble qu'effectivement ce livre soit excellent. Il célèbre l'épopée des soldats canadiens qui ont participé à la première guerre mondiale en France et plus particulièrement à ceux d'entre eux appartenant aux peuples indiens, eux qui sont passés presque directement de l'immensité des forêts canadiennes aux horreurs des tranchées.

On évoque aussi « le grand cercle du monde » paru en 2014 qui clôt cette trilogie.

Joseph Boyden devrait être à Veynes le 9 décembre pour une rencontre littéraire à laquelle participera Littera

Eric Vuillard « L'ordre du jour » Actes sud 2017

Par l'auteur de « 14 Juillet », une façon déroutante d'aborder l'histoire par les histoires et les personnes qui l'ont faite. Il s'agit cette fois du rendez vous des grands patrons de l'industrie allemande convoqués par Goering pour fixer leur contribution à l'effort de guerre , juste avant l’Anschluss.
Ce livre vient d'être récompensé par le Goncourt 2017

Marie Hélène Lafon : « Nos vies » Buchet Chastel 2017

Une femme solitaire étudie, épie, au besoin invente la vie d'une des caissières du Franprix de la rue du rendez-vous à Paris. Du pur Lafon : on aime ou on déteste !

Slimane Zeghidour « Sors, la route t'attend » les Arènes 2017

Avec ce très beau livre autobiographique et dont le sous titre est : mon village en Kabylie, 1954-1962, S. Zeghidour nous fait entrer dans la vie d'une région totalement oubliée,voire ignorée de la petite Kabylie. Il concentre ses souvenirs sur la période allant de sa naissance en 1953 au moment où il arrive à Alger 10 ans plus tard. Au passage, il nous livre une histoire de cette région, précise et documentée, ainsi qu'un point de vue original sur la guerre d’Algérie

Fabrice Lucchini : « Comédie française » Flammarion 2016

Une fausse autobiographie où la passion des auteurs tient la première place (un magnifique chapitre sur Celine) entrecoupée de plaisanteries ou de scènes cocasses. Un livre moins fait pour être lu que pour être écouté, lu par Luchini.

Joy Sorman : « Comme une bête » Folio 2012

L'histoire d'un garçon qui aimait tellement les bêtes qu'il devint boucher. On le suit dans l'apprentissage du métier. Une belle performance d'auteur qui allie la précision de ses descriptions avec une fantaisie certaine à la limite du fantastique.

Toujours de Joy Sorman « La peau de l'ours » Gallimard 2014

Là encore l'auteur explore les relations de l'homme et de l'animal mais en poussant la fable si loin qu'on en sort assez décontenancé. L'histoire plus poussive de cet enfant né de l'union contre nature d'une femme et d'un ours.

Alice Zeniter : « L'art de perdre » Flammarion 2017

Un roman autobiographique pourrait-on dire ? L'histoire de trois générations , un grand père harki que la narratrice n'a pas connu, un père taiseux qui ne parle jamais de l'histoire de sa famille et qui a tant souffert d'être dans les camps de harkis en arrivant en France et la petite fille, la narratrice, Naima qui finit par partir à la recherche de ce passé.

La dernière participante nous parle de Svetlana Aleksievitch, dont elle a lu plusieurs ouvrages dont : « La guerre n'a pas un visage de femme » et « La fin de l'homme rouge » . Des livres durs sur un monde qui ne l'est pas moins. L'auteur est une opposante russe qui a obtenu le prix Nobel de Littérature en 2015.

 

Lectures Partagées Gap le 5 Octobre 2017

Alice Zeniter : « L'art de perdre » Flammarion 2017

La présentatrice nous dit que la première partie , en Algérie, est passionnante et nous permet de connaître un tas de choses méconnues, mais que la deuxième partie est une banale histoire d'émigrés. Celles d'entre nous qui ont écouté Alice Zeniter à Manosque n'ont pas eu ce sentiment, il va falloir aller voir !

Paolo Cognetti : «Les huit montagnes » Stock 2017

Un garçon marche en montagne avec son père durant son enfance et un jour tourne le dos à cet univers. Plus tard il s'y remet et de quelle manière : il fréquente l'Himalaya. Il revient alors s'installer dans le Val d'Aoste et y retrouve un ami d'enfance. Très belle écriture.

Paolo Cognetti : « Le garçon sauvage » 10/18 2016

Du même auteur, un livre plus ancien et plus autobiographique qui revient sur l'amour des montagnes.

F.Deserable : « Un certain Monsieur Piekelny » Gallimard 2017

Un enquête née d'une phrase de Romain Gary dans la « promesse de l'aube » . L'auteur part à Vilnius et cherche si cet homme a existé. Au passage il se met lui même en scène. Impressions mitigées.

Martin Suter : « Éléphant » Christian Bourgois 2017

Un livre qui mêle conte et réalité, fantastique et naturalisme autour du résultat improbable de manipulations génétiques.
Moins bien tout de même que « Le cuisinier » du même auteur

Adélaïde de Clermont Tonnerre : « Le dernier des nôtres » Grasset 2016

Le roman nous fait passer du New York des années 60 aux bombardements de Dresde en 1945 et de l'insouciance new yorkaise aux jours tragiques de la fin de la guerre en Allemagne. Une quête de généalogie. Enigme et dénouement terribles.

Mia Couto : « Un fleuve appelé temps, une maison appelée terre » Albin Michel 2008

Mia Couto, auteur mozambicain magnifiquement traduit par MY Pettorelli Lapouge , nous conte l'histoire d'un étudiant qui revient sur son ile natale pour l'enterrement de son grand père, alors que lui même est parti depuis longtemps en ville pour faire ses études. Une histoire qui mêle un peu de magie mais surtout un livre écrit dans une langue extraordinaire. On devine à travers lui qu'il existe un équivalent portugais du français fleuri de Haiti ou des Antilles.

Joseph Boyden : « Les saisons de la solitude » Albin Michel 2009

Livre à deux voix : un pilote dans le coma après une agression et sa nièce venue le veiller. Le livre est constitué de deux confessions croisées, celle du pilote resté dans sa région autour de la baie James et celle de la nièce qui a fui en ville. Une description magnifique de la nature canadienne du nord, celle des réserves d'indiens.

Plusieurs autres Participantes qui ont lu tout Boyden ou presque, conseillent de commencer par livre « le chemin des âmes ».

Anna Hope : « La salle de Bal » Gallimard 20017

Un asile d'aliénés dans le Yorkshire en 1911. Là se trouvent des cas psychiatriques mais aussi des cas sociaux et des délinquants. Une salle de bal réunit les pensionnaires une fois par semaine. Ce livre suit trois personnages sur un an.
Le « plus beau livre lu cette année » nous assure la présentatrice. L'auteur a écrit ce livre suite à des recherches qu'elle avait faites sur son arrière grand père , interné dans le Yorkshire de 1909 à 1918.

Mario Vargas Llosa : « Aux cinq rues, Lima » Gallimard 2017

Le Lima des années Fujimori et de la dérive dictatoriale à travers un grand nombre de personnages, dont un chat, nous permettent d'explorer la corruption qui a pu régner dans ce pays . On croise aussi bien le sentier lumineux que toutes les classes sociales. Livre truculent.

Hervé le Tellier « Toutes les familles heureuses » JC Lattes 2017

Le lecteur qui nous présente cet ouvrage est très choqué par ce déballage qui révèle la vie privée des parents et grands parents de l'auteur (lequel a tout de même tenu à préciser : « Mon père, mon beau-père sont morts, ma mère est folle. Ils ne liront pas ce livre, et je me sens le droit de l’écrire enfin »)
IL fait un parallèle avec « le cas Malaussène » de Daniel Pennac où des auteurs sont poursuivis après parution de livres racontant « la vérité vraie »
Les personnes qui ont écouté à Manosque Hervé le Tellier , n'ont pas eu la même impression de viol de la vie privée.. Reste à lire le bouquin pour se faire une idée !