Gap -  Hautes-Alpes

 Rencontre avec Jean-Baptiste Andrea

 

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Jean-Baptiste ANDREA, né en 1971, est réalisateur et scénariste, il vit dans le sud de la France. Pour ce premier roman, il a reçu le prix « Les rendez-vous du premier roman/Lectures Plurielles » remis lors du Festival Metropolis Bleu de Montréal, au Québec, le 28 avril 2018. Il a été sélectionné pour le Festival du Premier Roman de Chambéry en mai 2018.

Ma reine -  premier roman de Jean-Baptiste Andrea – L’iconoclaste, 2017
Lors de l’été 1965, « Shell », un garçon de 12 ans un peu simple d’esprit, décide de devenir un homme par peur d’être envoyé dans une école spécialisée, loin de sa chère station service familiale, en surplomb de la Vallée de l’Asse. Parti pour la guerre, il marche courageusement vers le nord et s’endort près d’un rocher sur un plateau désert.
Viviane, une fille aux yeux de braise surgie de nulle part, va l’élever vers son univers imaginaire et l’aider à survivre en pleine nature.
Un magnifique conte sur la différence et la force de l’imagination, une atmosphère magique où des cabossés de la vie prennent de la hauteur, un roman au parfum du maquis et au souffle du vent, où un gamin paumé prend des airs de Don Diego de la Vega.

Quelques idées phare de la rencontre avec Jean-Baptiste Andrea.





Une interview menée par Colette et Claudine, de l'association Littera05.

Je n'écris pas pour raconter le quotidien (la maladie, le chômage, le social ...). Mon désir, c'est s'affranchir du quotidien, de l'actualité, un moyen de voyager, pour nous mettre dans une sensation un peu flottante de voyage, de dissociation vis à vis du quotidien, de disponibilité émotionnelle pour ce voyage. Et ce désir est lié à celui de parler de la beauté du monde. De plus, c'est un roman vraiment centré sur l'humain : premier amour, amitié, rencontre de deux êtres humains intacts, qui se construisent ensemble, loin de toute pollution technologique.

Les deux personnages :

Shell, un garçon de 12 ans, vit avec ses parents dans une station-service. Un garçon pas comme les autres. "Sa tête avait cessé de grandir" expliquait le médecin de famille à ses parents. Il va décider de quitter la maison après avoir fait une dernière bêtise, il va fuguer pour prouver qu'il est un homme, et un homme, ça doit faire la guerre. Shell part donc faire la guerre en prenant un chemin escarpé qui le conduit sur un plateau à quelques heures de marche. Là il s'endort et le lendemain, quand il se réveille il voit auprès de lui une fille qui lui dit s'appeler Viviane : "Regarde ce plateau autour de toi, j'en suis la reine et à partir d'aujourd'hui, je suis ta reine". Shell va rentrer avec plaisir dans ce jeu avec elle.

Viviane passe des vacances dans cette région. Elle est la première personne qui traite Shell comme quelqu'un de normal. Quand on me dit que Viviane est cruelle, je la défends. Il va se créer entr'eux un jeu de la séduction. Au début, il est plus naïf qu'elle, mais à la fin, il y a presque une inversion des rôles : il acquiert une conscience assez aigue de ce qu'il fait, tout ce qu'il fait, il le fait par choix. Au début Viviane découvre le pouvoir de séduction qu'elle a sur un gamin qui ne voit pas tout à fait le monde tel qu'il est. Mais très vite ils s'aperçoivent qu'ils sont interdépendants l'un de l'autre. Ils se réinventent parce que Viviane elle aussi, a été blessée par la vie. Il y a quelque chose de l'amour courtois entr'eux. Il y a quelque chose du chevalier qui va risquer sa vie pour prouver sa valeur aux yeux de cette fille. Il fait semblant de ne pas avoir peur. Ce sont deux gamins blessés qui se trouvent et se réinventent et réinventent un monde où il est possible d'être heureux.
En fait, Viviane est le pendant de Shell. Il y a cette fausse naïveté de Shell comme il y a cette fausse manipulation de Viviane. C'est en fait un jeu des deux côtés, comme dans le jeu de la séduction qui est accepté avec des codes, des non-dits.

 

"Ma Reine" est-il un roman d'apprentissage ?

Oui, roman d'amour mais aussi roman d'apprentissage. Raconter une histoire, c'est prendre un personnage à un moment de sa vie pour l'amener d'un point A à un point B. Donc tout récit doit avoir pour moi une fonction initiatique. Le héros doit apprendre quelque chose et être transformé et le lecteur avec lui. "Ma Reine" est un récit initiatique par excellence puisque c'est un gamin qui part pour essayer de devenir ce qu'il n'a jamais été, un homme ou plutôt un être considéré comme un être humain. Et il devient plus grand qu'il n'a jamais été.

L'écriture, le style du roman :

J'aimerais écrire avec le moins de mots possible. C'est pour ça que le roman est court. Il n'y a pas de longues descriptions de paysages, alors que beaucoup de lecteurs viennent me dire qu'ils ont adoré mes descriptions de paysages !
Avec un minimum de mots, j'essaie d'évoquer quelque chose, d'aller vers une épure du geste, ce que j'ai appris avec le cinéma. Je ne réfléchis pas aux mots, je cherche une sensation, à l'avoir moi, quand j'écris. La bonne image va sortir sans qu'elle soit réfléchie. Je donne juste ce qu'il faut au lecteur pour que, avec son vécu, son ressenti, ça se déploie en lui. Voilà ce que je cherche.