Gap -  Hautes-Alpes

Ces rêves qu'on piétine

Sébastien Spitzer

L'Observatoire, 2017

 

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"Ces rêves qu’on piétine" est le premier roman de Sébastien Spitzer.

Ce roman entremêle les voix de plusieurs personnages ce qui apporte une résonance particulière à un épisode tragique de l’Histoire du vingtième siècle : la fin de la seconde guerre mondiale.

Tout d’abord, la voix de la femme la plus puissante du IIIe Reich volontairement enfermée avec ses six enfants dans le bunker où se terrent Hitler et certains dignitaires de l’Allemagne nazie. C’est l’ambitieuse Magda, épouse de Goebbels, celle que l’on a appelé la première dame du IIIe Reich. Elle est arrivée aux plus hautes marches du pouvoir, mais ce pouvoir est vaincu. Le régime nazi agonise, Magda l’orgueilleuse, s’apprête à se suicider entourée de ses six enfants et elle repense à sa jeunesse, à sa mère, à son ascension, à sa vie.

La fin du rêve allemand, le suicide d’Hitler et de ses plus proches partisans sont présentés à travers la figure de Magda Goebbels, image d’une idéologie destructrice et dont je ne connaissais pas l’histoire. Elle est placide, résignée, elle s’apprête à accomplir le pire des crimes : le meurtre de ses enfants et elle reste encore attentive au moindre détail en songeant à sa gloire déchue. C'est elle qui est décrite avec le plus de précision.

Simultanément des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants survivants des camps de concentration, avancent dans les campagnes et les forêts. Parmi eux marchent une mère et sa fille. La silencieuse enfant transporte avec elle un rouleau de cuir, dans lequel sont cachées les lettres d’un père à sa fille. Ces lettres sont la voix de Richard Friedländer, juif raflé au début de la guerre. On découvre à travers ces lettres qui n’arriveront pas à leur destinataire, l’émouvante figure d’un père. C’est le portrait d’un homme courageux et déterminé, livrant ses sentiments à sa fille. L’auteur nous fait suivre la petite Ava, en cavale avec sa mère et d’autres personnages, fuyant à travers l’Allemagne détruite. Le retour de ces rescapés est une autre voix du roman entre la réalité et la fiction. Les fuyards sont traqués jusqu'au dernier moment, dans l'urgence de faire disparaître les preuves des crimes nazis. Les libérateurs découvrent abasourdis l'étendue du désastre. Le personnage de la petite Ava, alliant force et fragilité, est un hommage aux enfants nés en camps de concentration.

La construction du texte intercale les diverses voix ce qui le rend palpitant. Les récits se rejoignent car les lettres de Richard Friendländer sont destinées à Magda et transportées par Ava. Richard, le juif persécuté par le nazisme est le père adoptif de Magda, grande dame du III Reich.

L'écrivain dépeint avec originalité les horreurs de la Seconde Guerre mondiale et les derniers moments du régime nazi. Ce thème a déjà fait couler beaucoup d’encre mais il apparaît ici singulier grâce au talent d’écriture de Sébastien Spitzer qui emprunte à la fois au genre dramatique et poétique et au récit à suspense.

(Présentation : Mireille Le Louet)