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Depuis quelques mois, Littera05 désirait mettre en avant une maison d'édition. Ce projet a germé à l'issue de la lecture musicale "Les choses de la nuit", le dernier roman de Céline Righi, au printemps 2025.
Les Editions du Sonneur fêtaient cette année leur 20 ans d'existence. Littera05 et la librairie La Loupiote ont voulu fêter cet anniversaire. Laurine Roux, également éditée au Sonneur pour son dernier roman "Trois fois la colère" a été contactée, ainsi que Christel Périssé-Nasr dont le dernier roman "Le film du peuple" a été retenu dans le cadre des Livres Nomades.
A ces trois écrivaines, s'est ajouté l'auteur Cyril Anton, dont le premier livre "Le nain de Whitechapel" a également été publié au Sonneur en 2024.
Ces quatre auteurs ont accepté l'invitation de Littera05 et de La Loupiote. Valérie Millet, fondatrice et éditrice du Sonneur, ainsi que Sandrine Duvilliers, chargée de communication au sein de l'édition, ont accepté de rejoindre leurs quatre écrivains pour quatre journées de festivité.
Mercredi 11 février
Rencontre avec Céline Righi
Claudine Robert et Anne-Marie Smith ont mené l'interview.

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Trompettiste à la renommée
internationale, sosie de Chet
Baker, Henry Dawnson a participé
aux heures glorieuses de Saint-
Germain-des-Prés jusqu’à ce qu’une
grave blessure l’empêche de
continuer. Il prend alors un jour
une décision importante : une nuit
il roule vers l’océan pour y célébrer
à sa façon son cinquantième
anniversaire, alors que défile le
film douloureux de son existence. |
L'interview a porté sur les deux livres de Céline : "Berline" et "Les choses de la nuit" :
Berline est l'histoire de Fernand, jeune mineur, qui se retouve suite à un accident, coincé sous une berline, dans un tunnel de la mine. Pour pouvoir survivre, il va convoquer les souvenirs qui lui reviennent depuis son enfance.
Henry, alors qu'il roule à vive allurevers les plages de Normandie, se remémore lui aussi son passé.
Dans les deux romans, il est question d'une prise de conscience de chacun des deux personnages : Dans "Les choses de la nuit", c'est l'emploi du "tu" tout au long du livre qui le permet dès le premier mot ("On t'a tranché la main"), dans Berline c'est la présence d'un oiseau noir qui fait fonction de révélateur.
Le contexte social dans lequel se déroulent les deux romans est évoqué :
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pour Berline c'est celui des mineurs de l'Est de la France , une époque crépusculaire, celle des années 60 pour ce pays de fer et de charbon.
- Pour "Les choses de la nuit", c'est l'époque de la Grand dépression et du départ contraint pour la Californie à cause de l'enfer jaune des vents de poussière du Dust Bowl.
Des mots très crus, violents, des images choc tout au long des choses de la nuit. Ex : "Sur un lit à l'hosto, étendu comme un steak sur son grill" - "Le docteur avait lâché les fauves"
Mais la gravité n'interdit pas la poésie. Si bien que le roman se double peu à peu d'un hommage à la musique, à la chanson, à la poésie, et au cinéma. Céline s'attarde sur le film "Les choses de la vie". Ces différents procédés permettent de faire du récit d'un homme désespéré une ode à la vie.
Jeudi 12 février
Table ronde

Claudine Roberta mené l'interview
Ont été évoquées les relations entre écrivain et éditeur, les premières rencontres avec Marc Villemin et Valérie Millet, les souvenirs
qu'ls en ont. Valérie Millet parle de son travail qui consiste à chercher la façon de faire exister au mieux l'oeuvre. Elle fait, dit-elle, un
travail d'orfèvrerie.
Elle piste trop de lyrisme, trop de détails, trop d'ego, dans les premiers romans souvent. Laurine se rappelle les soit ! ou les bof ! trouvés dans la marge ! Son but est de faire accoucher les auteurs de leur style.
Vendredi 13 février
Rencontre avec Christel Périssé-Nasr

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XIXe siècle. Fanette est bonne à tout faire dans un château de campagne. La petite fille à qui elle donne naissance est très vite appelée « la bâtarde ». Leur condition va hanter leur famille pendant cinq générations. L’un après l’autre, chaque membre de la famille va essayer de s’extraire de cette condition qu’il juge comme une honte : en sortir pour enfin s’embourgeoiser et trouver le chemin de la réussite |
Annette Rit et Claudine Robert ont interwievé Christel Périssé-Nasr
Cette rencontre a lieu dans le cadre des Livres nomades de Littera 05 puisque le livre "Le film du peuple" fait partie des livres
nomades retenus cette année sur le thème "Ceux que je suis".
" Le film du peuple" raconte sur 6 générations, depuis Fanette, petite bonne du milieu du XIXe siècle jusqu’à nos jours avec Camille, sa descendance. Le réel est mis en scène, exactement comme un film qui est en train d'être réalisé, avec un story board où les différents placements de la caméra mettent en lumière les histoires de manières différentes.
Le lecteur, mis à distance, devient lecteur-spectateur et parfois on lui laisse le choix entre plusieurs possibilités :par ex comment Fanette est tombée enceinte ? Il se peut que ... Tout se peut ...
Chacun des personnages que l'on suit sur six générations, a comme volonté de s’élever de la condition de leurs parents, à partir de la naissance de Cécile, la fille de Fanette. Fanette qui porte une lourde responsabilité : elle est le corps ancillaire tout entier "le corps ancillaire prend un énième coup quand elle prend le premier, la mesure de son état" . Cécile a délégué aux générations à venir un devoir de réparation. Il faut se désolidariser du peuple des manants pour être plus reconnus qu'ils ne le sont. Et puisqu'ils n'ont pas de balson, il leur faudra être reconnu pour une grandeur plus subtile. Il leur faudra arborer une noblesse naturelle, un air de noblesse. Aussi lorsque Georgette découvre que sa petite fille Catherine campe sur une plage pour ses vacances, elle en est outrée et ressent ça comme une humiliation "Mais depuis quand fait-on semblant d'être pauvre ?"
Le but est-il atteint quand arrive Camille, la dernière de ces six générations, qui est écrivaine ?
Quant à lécriture de Christel Périssé-Nasr, il faut noter l’ironie, l’humour caustique qui permettent à cette histoire d’éviter de basculer dans le pathos. Elle sait trouver le mot juste qui peut être parfois âpre, rugueux. Mais quand on écrit un roman aussi court (109 pages) et qui se déroule sur six générations, il faut une écriture ressérée, trouver les mots pour que le texte soit percutant, et il l'est.
Samedi 14 février
Rencontre à La Loupiote

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