Gap -  Hautes-Alpes

Un monde à portée de main

Maylis de Kerangal

Verticales, 2018

 

- Accueil

- Qui sommes-nous ?

- Livres nomades 2020_2021 :
    Presentation de l'action
    Choix des livres nomades
    Les lieux relais

- Livres nomades :
      (années précédentes)


   2019_2020
   2018_2019
   2017_2018
   2016_2017
   2015_2016
   2014_2015
   2013_2014
   2012_2013
   2011_2012
   2010_2011
   2009_2010
   2008_2009

- Autres livres autour du theme choisi :
   Petites maisons d'édition
   Terres d'Afrique
    Des histoires de grands espaces
    L'art dans le roman
    Chemins d'exil


- Rencontres littéraires :
     Mohamed Mbougar Sarr
     Abdourahman Ali Waberi
     Catherine Gucher
     Guillaume Jan
     Jean Hegland
     Pierre Benghozi
     Jean-Baptiste Andrea
     David Vann
     Joseph Boyden
     Guy Boley
     Franck Pavloff
     Michel Moutot
     Nicolas Cavaillès
     Sandrine Collette
     Slobodan Despot
     Gauz
     Pierre Lieutaghi
     Kaoutar Harchi
     Sylvain Prudhomme
     Olivier Truc
     Maylis de Kerangal
     Antonio Altarriba et Kim
     Makenzy Orcel
     Metin Arditi
     Dinaw Mengestu
     Gilles Leroy
     Denis Grozdanovitch
     Alice Zeniter
     Serge Joncour
     Liliana Lazar
     Joel Egloff
     Christophe Bigot
     Boualem Sansal
     René Fregni
     Jean Pierre Petit
     Hubert Mingarelli
     André Bucher
     Beatrice Monroy
     Samuel Millogo
     Alfred Dogbé
     Ghislaine Drahy
     Autour d'Isabelle Eberhardt
     Hélène Melat, littérature russee

- Des coups de coeur :
   La Liste

- Atelier d'écriture :
    2018_2019

- Lectures partagées à Gap :
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016
    2014_2015

- Lectures partagées
   au Pays des Ecrins:

    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017

- Pérégrinations littéraires :
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016

- Echappées livres :
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016

- Sieste littéraire :
    2020_2021
    2019_2020

- Emission-radio sur Fréquence Mistral
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019

- Nos partenaires :
    Mairie de Gap
  Conseil Departemental
  Mediatheque de Gap
  Foyer Culturel Veynois
  La Ram
  Festival de Chaillol
  UTL de Gap
  Cinematheque d'images de montagne
  Mediatheque de Laragne
  Mediatheque du Poet
  Pays des Ecrins

- Co-édition :
     J.I.P. Italie
    Le J.I.P. Algérie, 40 ans après

- Contact

- Bulletin d'adhésion

 

Un court prologue : Une jeune fille, Paula, descend les escaliers en coup de vent pour se jeter dans la nuit glacée parisienne (p.11). Elle retrouve dans un café Kate et Jonas, deux amis qui ont suivi en même temps qu’elle, une formation sur la technique du trompe-l’œil à l’Institut de peinture de Bruxelles, une prestigieuse école qui existe vraiment, qui a fait d’eux des peintres de décors (cinéma, théâtre, bâtiments, halls d’entrée de bâtiments célèbres) Chacun va dire aux deux autres le travail qu’il vient de réaliser :Jonas, un paradis – Kate, un portor pour l'appartement de riches Saoudiens – Paula, quant à elle, elle revient juste de Moscou où elle a peint le salon d’Anna Karénine. On sent des liens intenses entre lestrois et en particulier entre Paula et Jonas qui promet à Paula de l’appeler le lendemain. Un appel qui ne sera réalisé que dans la 3e partie du roman, alors que les deux premières parties sont faites d’un retour en arrière.
1ere partie : on suit Paula à l’Institut de peinture où on va faire avec elle l’apprentissage du trompe l’œil, de l'amitié et de la vie, celle d'une jeune fille qui a quitté l'appartement familial.

2e partie : On suit Paula dans les débuts de sa vie professionnelle pendant 5 ans. Elle participe à de nombreux chantiers dont un à Cinecitta, le quartier des studios de cinéma à Rome où se créent de nombreux d’écors de films.

3e partie : Paula va participer à une réalisation exceptionnelle : celle du fac-simile de la Grotte de Lascaux

Maylis de Kerangal ne s'est pas contentée de parler du trompe l’œil en tant que technique de peinture, une technique qu'elle décrit longuement. Elle en a fait un outil pour « interroger la nature de l’illusion et l’essence de la peinture ».
En fait ce livre est une plongée au cœur même de ce qu’est l’art, l’art et en particulier la littérature.
Quand la dame au col roulé noir dit à ses élèves « pensez à peindre avec vos glaciers intérieurs, avec vos propres volcans, avec vos sous-bois et vos déserts, vos villas à l’abandon, avec vos hauts, vos très hauts plateaux » on est loin d’un simple exercice technique. C’est toute son écriture que Maylis de Kerangal explore, toute l’essence de son écriture. En suivant la formation de cette jeune faussaire, c'est son propre travail de romancière qu'elle questionne.

Un extrait :

"Paula s'avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur La paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c'est le grain de la peinture qu'elle éprouve. Elle s'approche tout près, regarde : c'est bien une image. Etonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l'illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu'elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu'un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture.
Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s'immobilise, allonge le bras dans l'aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l'oiseau, et tend l'oreille dans le feuillage."

(Présentation : Anne-Marie Smith)