Gap -  Hautes-Alpes

"Seule la mer s'en souviendra "

Isabelle Autissier

Grasset, 2009

 

- Accueil

- Qui sommes-nous ?

- Livres nomades 2016-2017:
    Présentation de l'action
    Choix des livres nomades
    D'autres livres que nous avons aimés
    Les lieux relais
    Livres nomades à l'Argentière

- Livres nomades :
      (années précédentes)


    2007_2008
    2008_2009
    2009_2010
    2010_2011   
    2011_2012
    2012_2013
    2013_2014
    2014_2015
    2015_2016


- Rencontres littéraires :

     Michel Moutot
     Nicolas Cavaillès
     Sandrine Collette
     Slobodan Despot
     Gauz
     Pierre Lieutaghi
     Kaoutar Harchi
     Sylvain Prudhomme
     Olivier Truc
     Maylis de Kerangal
     Antonio Altarriba et Kim
     Makenzy Orcel
     Metin Arditi
     Dinaw Mengestu
     Gilles Leroy
     Denis Grozdanovitch
     Alice Zeniter
     Serge Joncour
     Liliana Lazar
     Christophe Bigot
     Boualem Sansal
     René Fregni
     Jean Pierre Petit
     Hubert Mingarelli
     André Bucher
     Beatrice Monroy
     Samuel Millogo
     Alfred Dogbé
     Ghislaine Drahy
     Autour d'Isabelle Eberhardt
     Hélène Melat, littérature russee

- Des coups de coeur

- Lectures partagées :
    2014_2015
    2015_2016
    2016_2017

- Pérégrinations littéraires :
    2015_2016
    2016_2017

- Echappées livres :
    2015_2016
    2016_2017

- Co-édition :
     J.I.P. Italie
    Le J.I.P. Algérie, 40 ans après

- Notre ancienne revue :
    La trame des jours

- Contact

- Bulletin d'adhésion

Une jeune femme se souvient : près d'elle, quatre cahiers dont les récits s'entrecroisent. Trois ont été écrits par son père, un par elle-même, quinze ans plus tôt alors qu'elle n'avait que 14 ans.

"J'avais 14 ans quand il est parti"

En 1969, son père, Peter March, s'est lancé dans une folle aventure : participer à la première course autour du monde en solitaire et sans escale. Il pensait avoir mis toutes les chances de son côté : son bateau était un trimaran révolutionnaire , bourré d'innovations, que lui-même avait construit ; il était un marin reconnu ; il emportait avec lui du matériel électronique qui, pensait-il, pouvait faire la différence...
Les premières heures en mer avaient été euphoriques : "Je pars à la rencontre de mon rêve.... Je deviens en quelque sorte, le maître du temps car c'est moi qui fixe les repères".
Mais après la première nuit à bord, un sentiment bizarre l'envahit, une extrême faiblesse qui l'empêche d'assurer les tâches essentielles pour faire avancer rapidement le bateau. Les problèmes et les difficultés vont se multiplier, très vite il se rend compte qu'il est impuissant et qu'il ne peut faire face : "J'avais rêvé de contrôler et de décider, et je me retrouve à la merci de l'impondérable et de l'inattendu. Je me sentais en quelque sorte rejeté, méprisé, presque humilié". Alors il va imaginer une énorme supercherie : il va inventer sa position pour faire croire qu'il progresse. Mettant son bateau en pilotage automatique, il abandonne toutes les tâches quotidiennes, toutes les réparations à faire sur un bateau à la dérive et s'enferme dans sa cabine pour écrire, pour dire ce qu'il ressent : comment émerge en lui un être nouveau, comment il se sent plonger dans une sorte d'introspection en quête de son moi profond, où la folie côtoie la raison...
Et ce sont ces carnets que sa fille va découvrir quinze ans plus tard pour enfin comprendre ce qui s'est réellement passé, un violent affrontement entre son père et l'océan .

Forte de son expérience de navigatrice, Isabelle Autissier connait les mots pour parler de l'océan, de l'angoisse de l'homme livré à une extrême solitude, des doutes qui l'envahissent quand on vit "isolé, si longtemps, la peur au ventre", quand on accepte de s'affronter à soi-même parce que la mer offre "ce décapage mental qui permet de distinguer l'important de l'éphémère".

Ce roman s'inspire d'un fait réel : lors du premier Golden Globe, en 1969, un des engagés dans cette course en solitaire, Donald Crowhurst, avait inventé lui aussi sa position pour faire croire que tout allait bien. Et la réalité l'avait lui aussi rattrapé.