Gap -  Hautes-Alpes

Pourquoi être heureux
quand on peut être normal

Jeanette Winterson

Traduit de l'anglais
par Céline Leroy

Ed. l'Olivier, 2012

 

- Accueil

- Qui sommes-nous ?

- Livres nomades 2016-2017:
    Présentation de l'action
    Choix des livres nomades
    D'autres livres que nous avons aimés
    Les lieux relais
    Livres nomades à l'Argentière

- Livres nomades :
      (années précédentes)


    2007_2008
    2008_2009
    2009_2010
    2010_2011   
    2011_2012
    2012_2013
    2013_2014
    2014_2015
    2015_2016


- Rencontres littéraires :

     Michel Moutot
     Nicolas Cavaillès
     Sandrine Collette
     Slobodan Despot
     Gauz
     Pierre Lieutaghi
     Kaoutar Harchi
     Sylvain Prudhomme
     Olivier Truc
     Maylis de Kerangal
     Antonio Altarriba et Kim
     Makenzy Orcel
     Metin Arditi
     Dinaw Mengestu
     Gilles Leroy
     Denis Grozdanovitch
     Alice Zeniter
     Serge Joncour
     Liliana Lazar
     Christophe Bigot
     Boualem Sansal
     René Fregni
     Jean Pierre Petit
     Hubert Mingarelli
     André Bucher
     Beatrice Monroy
     Samuel Millogo
     Alfred Dogbé
     Ghislaine Drahy
     Autour d'Isabelle Eberhardt
     Hélène Melat, littérature russee

- Des coups de coeur

- Lectures partagées :
    2014_2015
    2015_2016
    2016_2017

- Pérégrinations littéraires :
    2015_2016
    2016_2017

- Echappées livres :
    2015_2016
    2016_2017

- Co-édition :
     J.I.P. Italie
    Le J.I.P. Algérie, 40 ans après

- Notre ancienne revue :
    La trame des jours

- Contact

- Bulletin d'adhésion

Cette autobiographie s'ouvre sur un titre bien énigmatique. On en aura l'explication plus loin, dans un récit plein de bruit et de fureur; tragi comédie où la farce côtoie le drame.

Née en 1959, J Winterson est adoptée dès ses  premiers mois par un couple de pentecôtistes près de la quarantaine, mariés depuis 15 ans, sans enfant. Ils vivent à Acrington, petite ville minière du nord de l'Angleterre près de Manchester. Son père , ouvrier " aimait regarder le catch à la télévision; sa mère elle, aimait catcher". On destine la fillette à être missionnaire, elle tombe amoureuse à 15 ans d'une fille et sera soumise pour cela, à un authentique exorcisme puisque possédée par le diable, selon sa mère. Nous sommes dans l' Angleterre des années 70! ....

Le ton est donné dès cette première page intitulée " le mauvais berceau". Dérision, ironie décapante, crudité et humour féroce vont accompagner l’évocation des diverses et variées péripéties de sa vie. Une façon d’exorciser des souvenirs douloureux? 
Sa mère est une femme au foyer: "120 kilos d'autorité", souvent brutale et morbide. Elle adresse à Dieu cette prière journalière:" Seigneur, laisse-moi mourir". Pas facile dans ces conditions pour le mari et la fille! Elle n'aime personne ne s'aimant pas. Elle n'aime que Dieu mais un Dieu irritable et vengeur, sans compassion. Elle fuit la présence de son mari " faisant des gâteaux toute la nuit pour éviter d'avoir à dormir dans le même lit". Un mari quasi mutique et souvent absent ou au travail ou à l'église. Que devient jeanette dans ce foyer improbable? Elle subit brimades et humiliations de la part de sa mère qui la bat, la jette dehors pour la nuit qu'elle passe dans la réserve à charbon. Elle dira de cette enfance:"j'ai lutté à mains nues toute ma vie. Dans ce genre de combat, le vainqueur est celui qui frappe le plus fort. J'ai été battue dans mon enfance, j'ai appris à ne pas pleurer". 

Marginalisée à l'école car s'excluant elle même, elle se tourne alors vers la lecture salvatrice et l'amour consolateur d'une fille du lycée où elle prépare son bac. Elle passe tout son temps à la bibliothèque où elle a conçu le projet de lire tous les auteurs anglais par ordre alphabétique. Elle dit: "Un livre est un tapis volant qui vous emporte loin. Un livre est une porte. Vous l’ouvrez, en passez le seuil. En revenez-vous?" Elle achète des livres qu'elle cache sous son matelas car les romans lui sont interdits. Sa mère les découvre, y met le feu. Exorcisme, autodafé, nous sommes en plein Moyen Age.

De guerre lasse, à 16 ans, Jeanette quitte la maison. Des moments difficiles l'attendent mais le bonheur chevillé au corps elle va lutter avec l'énergie du désespoir pour s'en sortir et conquérir une liberté durement gagnée. Elle cite E. Dickinson:" Ma vie était un fusil chargé" c'est la formule la plus juste pour la destinée hors du commun de cette auteure dont la rage de vivre est communicative et époustouflante. Rien que pour cela, ce beau récit d’apprentissage mérite le détour. 

Présentation : Mireille Lamberty