Gap -  Hautes-Alpes

Par les routes

Sylvain Prudhomme

Gallimard, 2019

 

- Accueil

- Qui sommes-nous ?

- Livres nomades 2020_2021 :
    Presentation de l'action
    Choix des livres nomades
    Les lieux relais

- Livres nomades :
      (années précédentes)


   2019_2020
   2018_2019
   2017_2018
   2016_2017
   2015_2016
   2014_2015
   2013_2014
   2012_2013
   2011_2012
   2010_2011
   2009_2010
   2008_2009

- Autres livres autour du theme choisi :
   Petites maisons d'édition
   Terres d'Afrique
    Des histoires de grands espaces
    L'art dans le roman
    Chemins d'exil


- Rencontres littéraires :
     Mohamed Mbougar Sarr
     Abdourahman Ali Waberi
     Catherine Gucher
     Guillaume Jan
     Jean Hegland
     Pierre Benghozi
     Jean-Baptiste Andrea
     David Vann
     Joseph Boyden
     Guy Boley
     Franck Pavloff
     Michel Moutot
     Nicolas Cavaillès
     Sandrine Collette
     Slobodan Despot
     Gauz
     Pierre Lieutaghi
     Kaoutar Harchi
     Sylvain Prudhomme
     Olivier Truc
     Maylis de Kerangal
     Antonio Altarriba et Kim
     Makenzy Orcel
     Metin Arditi
     Dinaw Mengestu
     Gilles Leroy
     Denis Grozdanovitch
     Alice Zeniter
     Serge Joncour
     Liliana Lazar
     Joel Egloff
     Christophe Bigot
     Boualem Sansal
     René Fregni
     Jean Pierre Petit
     Hubert Mingarelli
     André Bucher
     Beatrice Monroy
     Samuel Millogo
     Alfred Dogbé
     Ghislaine Drahy
     Autour d'Isabelle Eberhardt
     Hélène Melat, littérature russee

- Des coups de coeur :
   La Liste

- Atelier d'écriture :
    2018_2019

- Lectures partagées à Gap :
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016
    2014_2015

- Lectures partagées
   au Pays des Ecrins:

    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017

- Pérégrinations littéraires :
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016

- Echappées livres :
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016

- Sieste littéraire :
    2020_2021
    2019_2020

- Emission-radio sur Fréquence Mistral
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019

- Nos partenaires :
    Mairie de Gap
  Conseil Departemental
  Mediatheque de Gap
  Foyer Culturel Veynois
  La Ram
  Festival de Chaillol
  UTL de Gap
  Cinematheque d'images de montagne
  Mediatheque de Laragne
  Mediatheque du Poet
  Pays des Ecrins

- Co-édition :
     J.I.P. Italie
    Le J.I.P. Algérie, 40 ans après

- Contact

- Bulletin d'adhésion

 

Par les routes – Sylvain Prudhomme – Gallimard, 2019 – Collection l’Arbalète


Sacha, le narrateur,écrivain,  parvient à V., petite ville du sud de la France où il s’installe pour écrire son prochain roman . Là il est très surpris de rencontrer celui qu’il va appeler l’autostoppeur, qu’il a connu il y a vingt ans, avec qui il a parcouru le monde, qui était son grand ami et avec qui il a rompu sans que l’on sache pourquoi. Il lui avait demandé « de sortir de [s]a vie », parce que cet ami était comme « le pot de fer qui ne veut pas de mal au pot de terre, qui lui veut même sincèrement du bien, et qui pourtant, d’un faux mouvement, le réduit en miettes ». L’autostoppeur vit désormais avec Marie et Agustin, leur fils, et à l’inverse de Sacha, il continue à partir sur les routes en stop. Il disparait pendant des jours pour aller à la rencontre des personnes qui veulent bien l’accepter dans leur voiture, avec qui il crée des liens :
Et tu vas où, j'ai demandé. Quand tu pars, c'est pour aller où.
Il a eu l'air d'hésiter.

En général je fais l'aller-retour à Paris. Ou à Lille. A Brest. A Besançon. J'essaie de varier.
Mais tu as des choses à faire là-bas chaque fois.
Pas forcément, il a dit en haussant les épaules. Parfois oui, parfois non. Je prends l'autoroute et je vais d'aire en aire. Je dis la vérité aux automobilistes : qu'en réalité je me fiche un peu d'arriver où que ce soit. Que peu m'importe Paris, ou Lille, ou Brest. Que je fais ça : pour le plaisir.....

.....je leur dis la vérité. Que je suis surtout venu les voir eux....J'essaie de les rassurer. Je leur dis que je les trouve admirables de m'avoir pris. Que pour moi c'est le critère suprême de l'hospitalité : être capable d'ouvrir sa portière au parfait inconnu ...

Ils se retrouvent donc mais chacun a suivi sa voie : à l’un la vie sédentaire avec l’écriture au centre de sa vie . Les mondes qu’il a jadis arpentés avec son ami il les retrouve maintenant dans l’écriture et dans les livres.
A l’autre l’appel de la route,  du départ   même s’il doit abandonner femme et enfant.
« Vis, me disait toujours l’autostoppeur. Vis et après tu écriras. Ne laisse pas passer cette belle journée de soleil, chaque fois qu’il me voyait devant mon ordinateur. Ou si par gentillesse il ne le disait pas je comprenais qu’il le pensait. Et ses actes aussi me le disaient. La baignade qu’il allait faire et pas moi. La promenade dont il revenait et pas moi. Les inconnus qu’il rencontrait au bar et pas moi. »

L’autostoppeur n’est vu qu’à travers Marie et Agustin. On ne sait pas ce qu’il fait entre partir et revenir. Il est le héros du livre mais un héros absent. Il part sans but précis, pour le plaisir, le plaisir d’abord de rencontrer des gens, ceux qui le prennent dans leur voiture. Il tisse des liens avec eux, il les photographie.

 Le thème de l’hospitalité, le thème de la vie qui passe, du temps qui s’en va, de la vie, de la mort ce sont les thèmes qu’on retrouve dans « Par les routes » . C’est le temps qui passe, c’est l’éternel recommencement de la vie et de la mort, de « l’impermanence des choses en ce bas monde ». Et d’ailleurs le livre est fait d’une succession de moments, le temps du souvenir, l’amitié antérieure de Sacha et de l’autostoppeur,  le présent avec les départs et retours de l’autostoppeur, et le futur que tentent de construire les personnages.
Le temps s’étire mais Sylvain le retient en décrivant avec beaucoup de détails aussi bien les lieux que les activités quotidiennes les plus simples pour restituer chaque instant qui passe. Sylvain nous explique d’ailleurs le point de départ de son livre.
A rebours de Flaubert, j'avais décidé de retenir le temps. De freiner autant que possible son passage en opérant le contraire d'une ellipse - un ralentissement par saturation, dilatation, restitution de chaque instant dans ses ramifications, son buissonnement inépuisable de détails, d'images, de sensations, de réminiscences, d'associations.
Je me suis demandé pourquoi l'autre soir je n'avais pas dit que ma vieille dame n'allait pas successivement à Cotonou, à Bénarès, à Bogota, mais dans tous ces endroits à la fois, fondus dans le même absolu présent.

(Présentation : Anne-Marie Smith)