Gap -  Hautes-Alpes

Lignes de faille

Nancy Huston

Ed. Phébus, 2008

 

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Quatre chapitres, quatre générations que l'on découvre en remontant dans le passé d'une même famille : un roman écrit à rebours.
                       Sol, en 2004, un petit garçon de six ans qui se prend pour Dieu dans l'Amérique d'aujourd'hui. Son espoir secret : que son père devienne un guerrier célèbre en Irak. Sa mère qui a choisi de rester à la maison pour protéger son fils de toute influence néfaste et de sécuriser au maximum son environnement, lui a appris à lire et à parler en même temps. Sol a dans sa chambre, au milieu de ses peluches et de ses livres d'enfant, un ordinateur que sa mère, soucieuse de ne pas lui laisser voir des images trop violentes, a verrouillé.  Mais Sol a appris à échapper à la surveillance de sa mère et voit sur l'écran d'ordinateur de sa mère des images plus horribles les unes que les autres : les cadavres des soldats en Irak, les images  de la prison d'Abou Ghraïb ou celles de sites pornographiques les plus hard qui soient, alors que sa mère refuse de lui laisser voir le film Bambi de peur qu'il ne soit traumatisé par la mort de la mère de Bambi.
 "Je m'empiffre de Google et deviens le président Bush et Dieu en même temps"
Un enfant à double face qui sait quand il doit être le gentil garçon de sa maman et quand il peut se laisser envahir par ses pensées mégalomanes de futur petit tyran de l'Amérique.
Son seul défaut, c'est un grain de beauté, gros comme une pièce de monnaie qu'il a sur la tempe, rond et en relief, duveteux, que ses parents ont décidé de faire disparaître par une intervention chirurgicale. On apprendra plus tard que ce grain de beauté est comme un lien, un fil rouge, entre les générations, une sorte de talisman qui se reproduit de génération en génération.
                   D'un chapitre à l'autre, on remonte l'arbre généalogique de la famille : après Sol, on découvre l'enfance de Randall, son père, puis celle de Sadie, la mère de Randall, et enfin celle de Cristina, la mère de Sadie, ce quatrième chapitre nous faisant remonter jusqu'à la fin de la guerre, dans les années 44-45, au moment de la défaite allemande.
                   Ces quatre épisodes sont faits du regard de ces quatre enfants, dans l'année de leur sixième anniversaire, alors qu'ils observent ce qui se passe autour d'eux, la vie de leurs parents surtout. Et c'est ainsi qu'ils apprennent le monde à partir de leur observation.
                  Dans chacun des quatre épisodes, c'est un enfant brisé que l'on découvre, brisé par le pouvoir des adultes et surtout par les  tragédies qui ont traversé l'histoire de leur famille et de leur pays : les haines qui ont conduit le monde à des conflits et des guerres incessantes entre des peuples ou des "races", conflits dont la puissance de destruction a tué et brisé la vie des survivants, en particulier des enfants dès leur plus jeune âge. Une fois encore Nancy Huston parle de l’enfance abîmée, trahie et les failles dont elle parle ce sont avant tout les siennes, ses propres failles qui l’ont elle aussi abîmée. Elle a été abandonnée et elle n’en guérit pas.
                 Le livre de Nancy Huston est là pour nous rappeler la réalité, faire "oeuvre de mémoire" pour ne pas  laisser s'installer l'oubli qui nous coupe de la réalité. Il faudra remonter quatre générations, de Bush à Hitler, pour comprendre pourquoi un petit garçon de six ans, dans l'Amérique d'aujourd'hui, se prend pour Dieu et veut devenir le nouveau tyran de l'Amérique, comment les générations précédentes ont inscrit en lui une marque au fer rouge, une marque indélébile à l'image d'un grain de beauté que l'on a beaucoup de mal à faire disparaître. D'une génération à l'autre, l'histoire se renouvelle : dans l'Allemagne nazie d'il y a cinquante ans, dans l'Irak d'aujourd'hui, c'est la même barbarie qui ensanglante l'humanité et jamais ne cesse.

(Présentation : Anne-Marie Smith)