Gap -  Hautes-Alpes

Harraga

Boualem Sansal

Gallimard, 2005

 

- Accueil

- Qui sommes-nous ?

- Livres nomades 2017_2018:
    Presentation de l'action
    Choix des livres nomades
    Les lieux relais

- Livres nomades :
      (années précédentes)

    2016_2017
    2015_2016
    2014_2015
    2013_2014
    2012_2013
    2011_2012
    2010_2011   
    2009_2010
    2008_2009

- Autres livres autour du theme choisi :
     Chemins d'exil
     L'art dans le roman


- Rencontres littéraires :
     Franck Pavloff
     Michel Moutot
     Nicolas Cavaillès
     Sandrine Collette
     Slobodan Despot
     Gauz
     Pierre Lieutaghi
     Kaoutar Harchi
     Sylvain Prudhomme
     Olivier Truc
     Maylis de Kerangal
     Antonio Altarriba et Kim
     Makenzy Orcel
     Metin Arditi
     Dinaw Mengestu
     Gilles Leroy
     Denis Grozdanovitch
     Alice Zeniter
     Serge Joncour
     Liliana Lazar
     Joel Egloff
     Christophe Bigot
     Boualem Sansal
     René Fregni
     Jean Pierre Petit
     Hubert Mingarelli
     André Bucher
     Beatrice Monroy
     Samuel Millogo
     Alfred Dogbé
     Ghislaine Drahy
     Autour d'Isabelle Eberhardt
     Hélène Melat, littérature russee

- Des coups de coeur :
   La Liste

- Lectures partagées à Gap :
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016
    2014_2015

- Lectures partagées
   au Pays des Ecrins:

    2017_2018
    2016_2017

- Pérégrinations littéraires :
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016

- Echappées livres :
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016

- Emission-radio sur la RAM
     2017_2018

- Co-édition :
     J.I.P. Italie
    Le J.I.P. Algérie, 40 ans après

- Contact

- Bulletin d'adhésion

 

HARRAGA est le 4ème roman de Boualem Sansal, inspiré de faits authentiques.

Il met en scène Lamia, 31 ans, la narratrice, qui s’étiole entre son travail de pédiatre dans un hôpital d’Alger où le quotidien est fait de misère, de violence et de misogynie et sa maison de Rampe Vallée (quartier d’Alger), vieille de 2 siècles, ayant appartenu aux occupants successifs de l’Algérie, depuis les ottomans jusqu’aux récents « pieds-noirs ».
Cette maison tient une grande place dans le roman. C’est le rempart de Lamia contre l’hostilité de la ville. « C’est mon havre, mon histoire à moi, ma vie. » Elle y vit recluse, sans espoir d’avenir, avec ses souvenirs : plus de famille, seul un jeune frère Sofiane, harraga, « brûleur de route », parti vers l’enclave espagnole du Maroc d’où il espère gagner l’Espagne. L’accompagnent aussi les fantômes de la maison, ses délires et cette folie douce qui commence à la gagner.
Reste qu’un jour, on frappe à la porte. Elle ouvrira avec méfiance à Cherifa, une adolescente de 16 ans, arrivant d’Oran, enceinte de 5 mois et à qui Sofiane a dit : « Va chez ma sœur, elle est revêche, colérique, vieille fille, mais elle t’aidera ». Lamia dit d’ailleurs d’elle-même : « Je suis aigrie, intolérante, méchante, querelleuse, intempestive et j’en passe. Je me déteste…Pourtant, je suis une romantique, j’écris des poèmes. »
 
S’ensuit un véritable chamboulement de leur vie commune. Lamia passe du rejet à l’affection et à la prise en compte de l’éducation de sa protégée. Chérifa étouffe, fugue. Lamia se désespère, la recherche.
Ces péripéties sont prétexte à une description cinglante mais non dépourvue d’humour de la société algérienne, exprimée par une femme (ce qui est nouveau chez l’auteur) :
-«… Les hommes de ce pays n’en finissent pas avec les maladies infantiles…Je ne comprends pas cette manie qu’ils ont de toucher avec les mains et de tout porter à la bouche. Et je ne te dis pas, ma vieille, j’ai des idées de boucherie quand je les vois se remonter les billes, se curer le nez au volant, se gratouiller l’anus en marchant, cracher comme ils respirent… ! »
-«… Le mauvais exemple vient de haut, du gouvernement qui prend son inculture pour un diamant légendaire, sa barbarie pour du raffinement, ses bricolages pour de formidables stratégies d’Etat, ses détournements pour de légitimes rémunérations… »

Cette nostalgie ambiante, ces désespoirs répétés s’estomperont à certains moments au profit de folles espérances dans un avenir lumineux.

 

Boualem Sansal est venu à Gap en novembre 2003, après la parution  du Journal intime et politique, Algérie, 40 ans après (co-édition Littera 05,éditions de l’Aube 2003), ouvrage auquel il a participé avec d’autres auteurs algériens.
 Il nous avait donné à comprendre la beauté de l’Algérie et sa tristesse de voir son pays s’enliser dans la corruption, la violence et l’intégrisme.
 Déjà, il se demandait : Rester dans ce pays, sans illusions, sans avenir ou partir, tourner le dos, s’exiler.
Impossible de décider.
Harraga reprend cette problématique.

Présentation : Josette Reydet