Gap -   Hautes-Alpes

Comment va la douleur ?

Pascal Garnier

Zulma, 2006

 

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Le titre surprend. C'est ainsi qu'on se dit bonjour dans certaines tribus africaines.
Ecoutons l'auteur : Je commence un livre comme je commence un puzzle. Avec quelques pièces, me disant que ça finira par donner quelque chose. Ici, j'avais le titre que j'aime beaucoup. J'avais un lieu Vals les Bains, j'habite pas loin. Douleur / Ville d'eaux : tout ça pouvait tenir ensemble...
Et ça donne un roman très particulier : roman noir ? polar social ? histoire d'amour ?

Nous pénétrons très vite dans un univers ordinaire : des gens de peu, malmenés par la vie.
Bernard, jeune adulte naif, candide mais pétri de bonté, traîne sa vie médiocre : petit boulot à Lyon Il a la charge de sa mère Anaïs dont la vie est jalonnée d'échecs mais qui sait en rire.
Mon passé est triste, mon présent catastrophique mais par bonheur, je n'ai pas d'avenir...
J'aime bien être fatiguée, ça me repose...
Simon Marechall : Et vous, au fait, c'est quoi votre job ? demande Bernard
Eradicateur de nuisibles : rats, souris, pigeons, puces, cafards... Mais je me fais vieux, je pense vendre mon entreprise et prendre ma retraite.
...Qu'est-ce qui lui avait pris de faire halte à Vals les Bains ? Un jeu de mots, sur France-Musique on passait une valse de Strauss alors qu'il abordait la ville. Une dernière valse ?

Rencontre fortuite dans ce lieu improbable entre Bernard qui a du temps mais pas d'argent et Simon qui a de l'argent mais dont le temps est compté. Malgré les médicaments, des douleurs violentes le tenaillent. La fin de Simon est si proche qu'elle survient dès le deuxième chapitre.
Ensuite, on remonte le temps et on se familiarise avec les protagonistes.
Simon a une dernière mission à remplir au Cap d 'Agde et Bernard accepte d'être son chauffeur. Pendant deux jours, ils vont former un tandem insolite. La mission est à haut risque. Elle laissera Simon exténué et Bernard abasourdi. Ce dernier ne se détournera pas pour autant de l'engagement pris envers son patron.
Dans leur périple, ils vont croiser Fiona, jeune mère cabossée,enfant de la DASS avec sa petite Violette puis Rose, taxidermiste à la retraite.Cela peut-il changer le cours des choses ?

Pascal Garnier dresse un portrait attachant de ces personnages secondaires comme s'il voulait leur offrir une seconde chance. Il les décrit avec lucidité, cynisme mais aussi tendresse et humour, un savant mélange de noir et de blanc. Ces anti-héros dérangent Simon dans l'accomplissement de son projet, mais lui procurent une once d'humanité. Qu'avaient-ils donc en commun ?...Ils étaient comme des naufragés que le hasard aurait réunis sur une île déserte. La situation était si insolite que plus un seul d'entre eux ne semblait avoir de passé.

La fin du roman est inattendue et stupéfiante. Elle témoigne du formidable talent de l'auteur.
Simon : On part demain.Toi et moi, c'est tout.
Bernard : J'avais pensé que Fiona et...
Juste toi et moi...
...Chacun sa vie, Monsieur Marechall, chacun sa vie...
Et plus tard :
...Je ne te propose pas un boulot ! ...Je te demande un service.
Quel service?
Un service, quelque chose qu'on ne peut demander qu'à un ami.

Pascal Garnier a quitté la scène en mars dernier. Son dernier livre Le Grand Loin est paru en janvier 2010.

(Présentation : Josette Reydet)