Gap -  Hautes-Alpes

Blessés

Percival Everett

Actes Sud, 2007

 

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John Hurt, un homme de 40 ans de race noire, a voulu s'éloigner de la cruauté des hommes en s'installant dans un ranch du Wyoming, dans l'Ouest américain, où il élève des chevaux. Il n'a avec lui que Gus, un vieil oncle et a embauché pour l'aider dans le travail du ranch, un jeune nommé Wallace. "Wallace n'était pas mauvais bougre, juste un peu long à la détente... Je l'avais embauché malgré sa surprise évidente en découvrant que j'étais noir"

Un jour il apprend qu'un jeune étudiant a été retrouvé dans le désert tout proche, sauvagement assassiné :
         -"Tu sais quoi, les gens, c'est plus que des animaux.
         -  Non, ce sont des gens. C'est ça le problème"
Wallace est arrêté, accusé du meurtre.
John Hurt va être confronté à d'autres drames. Le jour où il trouve une famille de coyotes brûlés vif dans leur terrier après avoir été arrosés d'essence, il sent s'accroître la haine qu'il éprouve pour ses semblables. Les violences se succèdent : un Indien, propriétaire d'un ranch, découvre une de ses vaches abattue, une balle en pleine tête. Une deuxième vache est abattue quelques jours plus tard  et son sang a servi à écrire en lettres rouges dans la neige "Nègre rouge". John lui aussi, encaisse des insultes racistes.

C'est une chronique de l'Amérique que Percival Everett a écrite, une chronique de l'Amérique de l'Ouest qui fait fi de tous les clichés habituels que l'on connaît sur cette région et plus particulièrement sur le monde des cow-boys. Ainsi  John Hurt, le héros, n'a rien du cow-boy habituel, macho et rustre, du fin fond de l'Ouest : il est cultivé, passionné d'art et ses choix de vie ne sont décidés qu'après mûre réflexion. C'est une Amérique affligeante que Percival Everett nous montre : l'homosexualité, bien qu'abordée avec beaucoup de finesse, est toujours rejetée par ce monde rustre et intolérant qui refuse toute différence. Outre les homosexuels, d'autres minorités sont toujours en danger face aux Blancs tout puissants: les Noirs, les Indiens en particulier... Comme beaucoup d'écrivains contemporains, c'est donc aux exclus que Percival Everett  donne la parole, les exclus de ce qu'on appelle l'Amérique profonde.

"Blessés" est aussi un hymne à la nature, aux grands espaces de l'Ouest américain tels qu'on les trouve chez des écrivains comme Jim Harrison, Rick Bass ou James Welch. Comme eux il s'attarde sur ces paysages magnifiques restés à l'état sauvage. "Il y avait quelque chose de dramatique dans ces terres arides, reculées et sauvages. C'est ce que j'aimais dans l'Ouest. Je ne portais pas forcément grande affection à l'histoire de la population, et aucune au mythe de cet Ouest qui n'avait jamais eu d'existence. Mon amour, c'était la terre. Et peut-être ce qu'elle changeait en certains de ses habitants." Comme eux, il reconnaît le caractère sacré de la Terre et ce que John Hurt essaie de construire c'est une vie en symbiose avec la nature, les animaux, les saisons, la neige... Mais le malaise couve et la violence va exploser, les incidents vont se multiplier et devenir de plus en plus tragiques. Le retour à la nature est compromis à l'exemple de ce petit coyote brûlé dans son terrier que Gus va essayé d'apprivoiser parce que trop blessé pour être relâché dans la nature.

(Présentation : Anne-Marie Smith)