« Ce livre est un roman, et en tant que tel, il est une libre interprétation de la réalité.
Même si tout est inspiré d’une histoire vraie, l’auteure se réclame de son imaginaire
et de sa propre vision »
( extrait de la note de l’auteure en fin d’ouvrage.)
Dans cette enquête littéraire Simonetta Greggio PART sur les traces de
Simona Kossak (1943-2007) biologiste, zoopsychologue, professeur et écrivaine
polonaise.
La vie de Simona Kossak est celle d’un personnage de roman: avec un père
artiste, issu de la vieille aristocratie de Cracovie et une mère tyrannique, elle vit dans
une villa avec chandeliers en argent mais sans amour. Alors très tôt , Simona se
réfugie dans le parc auprès des animaux.
Après des études brillantes, à trente ans, c’est la rupture totale : elle s’éloigne du
milieu universitaire traditionnel et elle PART s’installer dans la dernière forêt primaire
d’Europe, à la frontière de la Pologne et de la Biélorussie. Là, pendant 30 ans, dans
cette forêt de Bialowieza, elle vit dans une cabane abandonnée, sans eau courante
ni électricité, avec un lynx à ses pieds, une laie apprivoisée qui dort dans son lit, un
corbeau qui boit dans son verre en cristal, des chevreuils, des ânes, des sangliers.
Avec son compagnon Lech Wilczek, photographe animalier, elle devient une des
premières scientifiques à défendre l’idée que les animaux sont des êtres sensibles
qu’il faut respecter, elle observe les animaux dans leur milieu naturel, analyse leur
comportement, veille à la protection des espèces et à l’amélioration du bien être
animal.
C’est une pionnière de l’ethologie donc, et aussi de l’écofeminisme quand
elle se bat obstinément contre les forestiers productivistes et l’Etat pour sauver Bialowieza.
Dans « Le souffle de la forêt », Simona Kossak n’est pas présentée comme une
héroïne sans défauts. À travers un récit aux formes variées ( courts chapitres,
digressions et impressions personnelles de l’auteure, extraits d’interviews,
témoignages de ceux qui l’ont connue ), se dessine le portrait d’une Simona Kossak
intransigeante, acariâtre à l’occasion, persuadée d’avoir toujours raison et,
justement, insupportable pour ses collègues. Simonetta Greggio met cependant en
avant son humanité. Derrière la personnalité rugueuse de Simona on devine la
blessure et la fragilité. Derrière la « sauvage » hors normes qui fuit les hommes, on
comprend que c’est en fait une famille que Simona cherche à reconstruire avec les
animaux.
Simonette Greggio nous offre un beau portrait de femme illustré par les photos
en noir et blanc de Lech Wilczek.
Une femme libre qui « (…) a incarné cette philosophie de vie et de vision du monde
qu’elle sous-tend sans jamais en faire une théorie. Simona n’a jamais écrit de
manifeste : son existence entière est une déclaration d’amour aux plus fragiles, son
unique ambition était de protéger, aider - sauver . Elle ne cherchait ni les
récompenses ni les titres, seulement à veiller sur ce qui peut encore être épargné
dans ce monde livré au saccage systématisé. » («Le souffle de la forêt » p.11)
(Présentation : Tiziana Champey)