Gap -  Hautes-Alpes

Journal intime et politique

Algérie 40 ans après

Nourredine Saadi

 

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Nourredine Saadi est né et a grandi à Constantine. Après l'indépendance, il a vécu à Alger.Il vit actuellement entre Douai et Paris.

Il a été professeur à l'université d'Alger jusqu'en 1994; depuis il enseigne le droit public et la science politique à l'université d'Artois.

Il collabore à plusieurs revues et est notamment membre du comité de rédaction de la revue Panoramiques (Paris) et chroniqueur du bloc-notes au journal Le Matin à Alger.

Oeuvres publiées

"Femme et loi en Algérie", essai - Le Fennec, Casa, 1991

"Dieu-le-fit" , roman - Albin Michel, 1996 - Prix Kateb Yacine

"Sexe, normes et reproduction", essai en collaboration avec Marouf - L'Harmattan, 1998

"Matoub Loinès, mon frère", biographie en collaboration avec Malika Matoub - Albin Michel, 1999

"La maison de lumière", roman - Albin Michel, 2000

Il a publié aussi de nombreuses nouvelles et textes dans des revues. Ancien secrétaire de l'association des amis du Musée des Beaux-Arts d'Alger, il s'intéresse à la peinture et a publié de nombreux textes de catalogues. Citons deux ouvrages :

"Koraïchi", vie et oeuvre - Actes Sud, 1999

"Denis Martinez, la dignité en peinture" - Barzakh, 2003

"La nuit du doute" -, Nourredine Saadi,  - Ed. Domens, 2003 (Théâtre)

"Le vide-grenier" - L'Aube, 2008

 

Extrait du "Journal intime et politique"

Journal anachronique - Extrait

Nourredine Saadi

Hasard ? Je commence la rédaction  ou plutôt la tenue, comme on dit la tenue des comptes  de ce Journal un 1er août en pleine mer, au milieu de cette mer que j'ai tant de fois et dans tous les sens traversée. J'aime ainsi la mer nue quand toutes les terres ont disparu. Une immense circonférence bleue frangée, de partout où porte le regard, par un horizon de dentelles. Le Habib, mythique paquebot rempli d'immigrés  ou d'émigrés, je ne sais plus de quelle place le dire , a quitté péniblement le port de la Goulette comme s'il hésitait à se détacher des terres, à se séparer de Tunis.
Ecrire sur le pont, le soleil vertical au front, noyé dans le ciel, donne l'illusion d'absolu. De vide. Peu à peu surgissent flottant dans la tête des souvenirs. D'autres traversées. Alger, Marseille. La dernière par laquelle j'ai quitté l'Algérie et que j'ai plus tard hallucinée dans des romans, ces images que l'on garde en soi par la fiction . Quand peu à peu s'éloigna de mes yeux la tâche blanchâtre, nichée au milieu des pins, on aurait dit un miroir qui perdait son tain. Mes rêveries au milieu des mers sont souvent littéraires. J'ai toujours aimé la mer écrite. Conrad particulièrement, que 
j'imagine dans la soute d'un cargo écrivant au crayon Heart of Darkness en 1899, ces choses que 
l'on va passer toute sa vie à essayer d'oublier  et mourir plus tard dans son nom, Teodor Joseph Conrad Naleez Korzeniowsky délirant dans sa langue maternelle. Après avoir tellement désiré écrire en anglais. Que m'importe de savoir que son personnage Kurtz Klein ait ou non vécu son enfer puisque j'apprends par lui des choses que j'ignorais sur moi-même. Blaise Cendrars, mon autre aventurier des mers, raconte qu'un jour Lazareff l'interpelle :
- Blaise, le Transibérien, tu l'as vraiment pris ?
Et il répondit : Qu'est ce que ça peut te foutre puisque je vous l'ai fait prendre à tous ?